mercredi 19 août 2015

"Leçons d'un tueur" de Saul Black

Presses de la Cité - 2015
9782258114852


Généralement, j'arrive à savoir si un livre va me plaire dès les 5-10 premières pages mais le problème avec les polars/thrillers, c'est que ça peut facilement se terminer en eau de boudin, si l'auteur ne sait pas comment finir son livre. Mais heureusement pour moi, ça n'a pas été le cas ici !

Quel début mes amis ! Je crois que j'ai dû retenir mon souffle pendant 3 chapitres tellement c'était prenant, angoissant et malsain (tout ce que j'aime...).

Mais je commence par la fin. Encore une fois, (j'ai l'impression que c'est un peu la mode en ce moment mais tant mieux, j'aime plutôt assez) nous sommes dans la peau de plusieurs personnages selon les chapitres : les deux tueurs, tour à tour, Nell, une petite fille de 10 ans qui s'est retrouvé face à ces deux tueurs et qui s'est sauvée de justesse en suivant les ordres de sa pauvre mère, Valérie, la flic en charge d'une enquête qui piétine maintenant depuis plusieurs années, Angelo, un vieil écrivan vaincu par le deuil de sa femme et par son foutu nerf sciatique, Claudia, jeune immigrée britannique qui va faire une mauvaise rencontre et plusieurs (pas tant que ça, rassurez vous) autres personnages secondaires. Nous suivons donc tout ce beau monde dans une enquête qui va bouleverser beaucoup de choses. Plusieurs corps de femmes sont découverts, elles sont torturées, violées, éventrées et, pour couronner le tout, un objet pour le moins insolite est découvert à l'intérieur de leur corps : un abricot, une hache, une lampe, etc. La police piétine à trouver une logique et donc un coupable à ces meurtres qui continuent donc à émerger sur tout le territoire américain.
Un gros élément classique dans ce roman : l'enquêtrice chargée de suivre les meurtres est (quoique que c'est une femme, déjà pas mal comme changement) complètement noyée dans son boulot, elle flirte avec l'alcoolisme et la dépression sévère, vit seule (et elle le vit mal, ce qui est le point important ici) et se torture avec une vieille enquête qui lui a coûté bien plus que son couple. Bon, même si je suppose qu'il ne faut pas perpétuellement rêver de petit poney pour enquêter sur des serials killers, je doute quand même un peu que tous les policiers américains soient taillés comme ça, bouffés par leur job, morose et avec des tendances suicidaires, mais passons (qui a envie de lire un polar avec des petits poneys, d'ailleurs ?) (quoique...). 
Broco a beaucoup aimé ! Mais attention, 
il ne compte 
pas se marier à un Ted Bundy-like 
incessamment sous peu. 
Sauf s'il est riche.
5/5
Mais sinon, c'est tout (qui m'a sauté aux yeux en tout cas), le bouquin se lit tout seul, il est bien dérangeant comme il faut, avec des scènes ce qu'il faut de dégueulasses (c'est des sérials killers en même temps les mecs, ils ne vont pas faire du crochet avec vous, ou alors avec vos entrailles, ce qui est tout de suite plus amusant).
L'écriture de Saul Black est vraiment angoissante et effrayante (ne vous fiez quand même pas à la quatrième de couverture, ce n'est pas insupportable), le livre se lit tout seul (j'ai l'impression de répéter ça souvent, non ? C'est sans doute une caractéristique du bon bouquin), le serial killer est un cas d'école, c'est à dire que si vous vous intéressez un tant soit peu au sujet, vous allez retrouver chez ce charmant jeune homme tout ce qui a aidé à construire la définition même du sérial killer (mais, à part leur mode opératoire, ne sont-ils pas tous pareils, dans le fond ?).

Bref, un excellent bouquin, que tous les amoureux du genre devraient apprécier et un auteur que je vais commencer à surveiller !

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ps : un de ces 4, il faut que je vous parle de Cody McFayden si ça vous plaît, les thrillers bien horribles !

samedi 15 août 2015

Into The Woods

Into The Woods - 2014
En cliquant ci-dessus, vous arriverez sur la page IMDB du film.
[Attention aux spoilers !] [Même si c'est pas Game Of Thrones, hein.]

En bonne fana de comédie musicale ET de Disney, ce film était un passage obligé mais après avoir entendu une montagne de mauvaises critiques, j'y suis plutôt allée à reculons. Brisons le suspense tout de suite, c'était pas si mauvais que ça MAIS je dois vraiment être bon public (même si j'ai pas aimé Interstellar) (non mais Interstellar, quoi !) ET heureusement que qu'il n'était pas plus long que ça.

Le Pitch : Une méchante sorcière demande à un boulanger et à sa femme d'aller lui chercher quatre éléments en vue d'annuler une malédiction jetée sur leur foyer qui les empêche de concevoir un enfant. Les objets sont directement tirés de contes traditionnels : la cape rouge du Petit Chaperon Rond Rouge, la vache blanche de Jack (et le Haricot Magique), la pantoufle dorée de Cendrillon et des cheveux de la couleur du blé (ceux de Raiponce). Nous allons suivre ces quatre protagonistes (+ le boulanger et sa femme) chacun dans leur quête, dans une sorte de revisite drôle des contes, et tout ça, en chanson.

Résultat : En fait, le film est bien jusqu'à la moitié, il y a une sorte de "demi-fin", on a d'ailleurs vraiment pensé que c'était fini ("Oh ben dis donc, c'est passé vite !", les acteurs sont extras (Emily Blunt est très drôle, Meryl Streep s'en donne à coeur joie en mimiques et grimaces et Anna Kendrick ! J'aime cette fille, elle est trop choupinette et puis Pitch Perfect ! J'en reparlerai un de ces 4, d'ailleurs), les scènes sont sympas (le poussage de chansonnettes des deux princes en mode erotico-gay...) et les chansons bien sympathiques (spécial cassedédi à Johnny Deep, même si sa présence tient plus du plan marketing qu'à autre chose, et à sa version du loup hyper sexualisé, si on oublie les trois moustaches de chat, à mourir de rire). C'est après que ça se complique, le rythme est cassé et la dernière quête (commune, du coup) s'en finit plus de se terminer. Heureusement, visuellement, le film est très beau, l'ambiance est envoûtante, la forêt est superbement bien rendue et devient un personnage à part entière, qui exerce une attraction bien à elle, les personnages s'en rendent bien compte d'ailleurs et n'arrêtent pas de le chanter (et au bout de 15 minutes de sérénade, croyez-moi, vous la trouvez beaucoup moins sexy, la forêt).

Broco reste perplexe même s'il s'est bien marré quand même
2/5
non allez, 3/5
ou pas
Le traitement des contes de fée est plutôt pas mal fait, même si assez proche de la version Disney (sauf le coupage de morceaux de petons des belles-soeurs de Cendrillon que l'on retrouve ici et qui m'avait bien traumatisé à l'école primaire : nous avions été voir une pièce de théâtre reprenant Cendrillon donc et les actrices se coupaient le gros orteil sur scène, c'était un morceau de pomme de terre, bien sûr, mais n'empêche) (3615 Vis ma Vie) (Rhoooo la vioque). J'aurai quand même bien aimé que les deux princesses du film (Cendrillon et Raiponce) soient un chouia moins classique et surtout qu'elles se rebellent un peu plus devant les deux imbéciles de frangins de princes (ils sont tous les deux particulièrement affreux) (désolée Chris Pine mais même dans Star Trek, t'es moche). Un petit pouce en l'air pour la femme du boulanger, jouée par Emily Blunt, (tiens, me semble qu'elle a pas de prénom) (Madame La Femme du Boulanger, ravie de vous rencontrer) qui tient un petit peu tête à son (boulanger de) mari et chante l'envie/le besoin d'aller voir ailleurs (c'est bien les femmes du peuple, ça) (et elle est bien punie pour ça d'ailleurs, contrairement au prince avec qui elle faute...). Pas un film féministe friendly donc (cela dit, le mythe du prince charmant en prend pour son grade). Le bonus, c'est que c'est plein d'humour de tous les côtés, de manière assez subtile ou pas (mais toujours principalement dans la première partie, ce qui est dommage, on est d'accord).

En Gros : à voir si vous adorez les contes de fée ET Disney Et les comédies musicales ET les films un peu longuet.

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mardi 11 août 2015

PAL de Vacances



Pour ceux que ça intéresse, et aussi pour que j'ai une trace, voici la liste de tout ce que contient ma PAL (Pile à Lire) pour quasi trois semaines de vacances loin de ma bibliothèque perso, j'ai aussi inclus ceux de Mary à la toute fin.

Polar/Thriller

  • Ce qu'il reste d'Alice de T.R. Richmond, Calman Lévy
  • La Faute de Paula Daly, Pocket
  • La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert de Joël Dicker, De Fallois
  • Poulets Grillés de Sophie Hénaff, Albin Michel
  • La Liste de Nos Interdits de Koethi Zan, Fleuve Noir
  • Maman a Tort de Michel Bussi, Presses de la Cité
Faut vraiment que je lise La Vérité sur l'Affaire Harry Québert, 100 ans après tout le monde, mais quand même, zut.


Érotique 

  • Cinquante nuances de Grey de EL James, Livre de Poche
  • Beautiful Bastard & Beautiful Stranger de Christina Lauren, Pocket
  • Love Game de Emma Chase, Hugo & Cie
Oui, s'il y a bien un moment où il est de bon ton de lire de la litt érotique, c'est en vacances, les pieds dans le sable (surtout quand on est une fille et que rien ne risque de s'y enfoncer) (dans le sable) (elle est pas crade, ma blague niveau 4éme ?) (si ?). Bon.


Roman (la catégorie un peu fourre-tout, je vous préviens)

  • Un été sans les Hommes de Siri Hustvedt, Babel
  • La Lettre qui allait changer le destin d'Harol Fry de Rachel Joyce, Pocket
  • Le Secret de la Manufacture de Chaussettes Inusable de Annie Barrows, Nil
  • Un Doux Pardon de Lori Nelson Spielman, Cherche Midi
  • La Mémoire des Embruns de Karen Viggers, Les Escales
  • Un été sans toi de Karen Swan, Prisma
  • Chroniques d'Edimbourg + Le Monde selon Bertie + L'insoutenable légèreté des scones de Alexander McCall Smith, 10/18
  • Les Vacanciers de Emma Straub, Presses de la Cité

SF/Fantasy

  • Pure de Julianna Baggott, J'ai Lu

Pas pris de jeunesse même si j'en ai encore des très bien mais il faut avouer que généralement, ça se lit vite et on me dit dans l'oreillette que ça fait quand même déjà beaucoup. (c'est moi dans l'oreillette)


Voilà, il faut aussi ajouter celui que je viens de commencer (Dîtes aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt, Buchel-Castel) et qui ne sera sans doute pas terminé avant de partir mercredi matin. Je me doute que ça doit paraître énorme mais franchement, on part en voiture, je lis (très) (trop) vite, et j'ai vraiment pas envie de me galérer à trouver une librairie une fois sur place et j'ai encore moins envie de dépenser encore de la thune en bouquins alors que j'en ai des quantités astronomiques à la maison. En plus, rien ne sort en août et je dois déjà avoir quasi tout ce qui peut m'attirer :). 

Lire sur la plage, c'est quand même ce qu'il y a de mieux, non ? (à part au lit) (j'ai toujours dit que le lit sur la plage, c'était une idée à creuser...)

Mary
  • Le Secret du Graal de Glenn Cooper, Cherche Midi - Roman Historico-Fantastico-Polarico -
  • La Ligne Verte de Stephen King, J'ai lu - Le maitre -
  • Jeu de Nains de Terry Pratchett, L'Atalante - Le deuxième maitre -
  • Hellblazer de Garth Ennis, Urban Comics - BD que je vais sans doute lire aussi -
En vrai, il doit en avoir pris 200 en tout mais Monsieur a une liseuse... On est bien d'accord que c'est de la triche. Et j'ai la flemme de me taper l'intégralité de son répertoire. Mais n'ayez crainte, il ne va manquer de rien.

lundi 10 août 2015

"Prête à tout" de Joyce Maynard

Philippe Rey - 2015
9782848764634

Celle qui est "prête à tout", c'est Suzanne. Depuis toute petite, Suzanne a toujours cherché à être parfaite, dans le seul et unique but de faire de la télévision quand elle sera plus grande. Son ambition grandit en même temps qu'elle mais forcément, les rêves d'enfance ne sont pas toujours voués à se réaliser. Cela n'empêche pas la jeune femme, environ 25 ans au moment où l'action principale se déroule, de continuer à se battre pour les atteindre. 
Mais un jour, deux garçons pénètrent dans son appartement, durant son absence, et tuent son mari de sang froid. Suzanne se retrouve alors là où elle a toujours souhaité être : face aux caméras et quasi omniprésente dans le petit écran. Son comportement ainsi que les témoignages des deux jeunes criminels la désigne assez rapidement comme suspecte et/ou complice.

C'est autour de ça que va se construire l'ouvrage, rassemblant une multitude de narrateurs (à la manière d'un interrogatoire de police ou d'une interview de journaliste) qui vont tisser l'intrigue, on apprend à connaître Suzanne à travers les yeux de sa mère, de sa belle-mère, de jeunes adolescents qui ont croisé son chemin, de sa soeur, de son patron, etc... La gentille et belle Suzanne n'est jamais vraiment la même personne et perd tout doucement de son aura de perfection au fil de la lecture.

Vraiment un chouette bouquin avec une construction très originale (on connaît les différents points de vue mais à ce point là, une bonne dizaine de personnages différents, de mémoire, je n'avais croisé ça) et une héroïne complètement tordue. C'est un vrai policier/thriller, plein de perversion (qui n'aime pas la perversion, niark niark), de manipulation et de folie douce (ou pas), l'atmosphère est lourde, menaçante, et les pages se tournent toutes seules.

Coup de coeur de Broco !
5/5
Si cette édition est parue en 2015, le roman date de 1993 (et a été fortement inspiré par un fait divers réel "L'affaire Pamela Smart", l'auteur en parle très bien en postface) et si cela se sent assez rapidement (pas de téléphone portable, internet est assez restreint et le principe de la TV n'est pas très moderne - sinon Suzanne se serait directement tourné vers la télé-réalité, non ? -), ça n'est pas gênant du tout, au contraire, ce petit côté vintage ajoute à l'atmosphère générale du bouquin !

En gros, ne vous laissez pas intimidé par le côté austère de l'édition (même si franchement, les livres des éditions Philippe Rey, ils sont juste magnifiques, non ?), c'est une lecture facile, intéressante, à la hauteur de la Fille du Train, par exemple, comme polar de vacances !

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samedi 8 août 2015

C'est la Journée Internationale du Chat, il paraît

Pourtant il me semble que c'est un peu tous les jours la Journée du Chat...
Merlin
Merlin
Citrouille
Disco

Salem
Sybelle

Pour situer (parce que non, on ne vit pas avec 5 chats [l'enfer sur Terre]) : Merlin, Disco et Citrouille sont ceux qui vivent avec nous, qui nous réveillent le matin et vomissent consciencieusement partout. Je vivais avec Salem et Sybelle quand j'étais encore chez mes parents, Sybelle est malheureusement morte l'année dernière, en 2014 mais Salem est toujours bien présente et vient régulièrement nous cracher et gronder dessus quand mes parents partent en vacances. Bon, on les aime, hein, mais parfois, le passage par la fenêtre de l'animal en question est sérieusement envisagé. 


"Addiction" de Blake Nelson

Albin Michel - Coll. Wiz - 2014
9782226255259


Y a des bouquins, comme celui-ci, dont je n'ai absolument aucun souvenir du pourquoi je les ai choisis... Généralement, je m'en souviens : résumé intéressant, joli couv, quelqu'un m'en a parlé ou je l'ai croisé sur un blog/vidéo/critique et il m'a intrigué. Mais alors lui, rien. Même seulement quelques jours après. Ce qui explique pourquoi il dort tranquillou sur mon étagère depuis plus d'un an (il est sorti en avril 2014, il me semble). Par contre, ce que je n'arrive pas à expliquer, c'est pourquoi je l'ai attrapé quasi tout de suite après avoir fini "O My Darling" d'Amity Gaige (auquel j'ai rien compris, j'y reviendrai peut-être...). 

Le résumé n'est pas particulièrement tentant : deux ados qui ont divers problèmes d'addiction, alcools, drogues, médocs et qui vont se rencontrer et, bien sûr, tomber amoureux. Il faut avouer que ça sent le truc "classique" à plein nez. 

Mais non ! C'était pas mal du tout ! Bon, ce n'est pas le livre de l'année, mais contrairement à pas mal de livre sur ce sujet assez difficile, c'est assez agréable à lire : pas de pathos, pas de misérabilisme. L'héroïne, Maddie (le livre est construit comme un journal intime, tout au présent et à la 1ére personne du singulier), a conscience de ses problèmes et essaye (après un début difficile) de s'en sortir. Alors oui, ce n'est pas le seul personnage du roman et tous ne vont pas connaître le même destin mais on prend plaisir à suivre cette fille qui, finalement, aurait pu être n'importe lequel d'entre nous. Le style, sans être grandiose, est agréable, les chapitres s'enchaînent facilement et avec la même rapidité que la vie et l'évolution de Maddie. L'humour est présent, assez froid, sarcastique et pince sans rire (l'humour que tous les ados croient avoir mais qu'aucun ne maîtrise vraiment en fait). L'histoire d'amour, contrairement à ce que laisse présumer la 4éme de couv, est certes importante, mais pas du tout primordiale, ce qui risque de décevoir quelques personnes. 
Broco a beaucoup aimé mais il manque quand
même un petit quelque chose...
3/5

Il s'agit vraiment ici d'un roman initiatique, autour de l'addiction, d'une sobriété rare (les personnages vont connaître quelques débâcles, mais celles-ci sont tout à fait plausibles et réalistes, des drames mais pas de surenchères). C'est frais, triste, plein d'espoir et nous laisse, à la fin, dans un état nostalgique difficile à expliquer.



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jeudi 6 août 2015

Unfriended

Unfriended - 2015
En cliquant ici, vous arriverez sur la page IMDB consacré au film.


Attention, cet article est une critique personnelle, il raconte le film et le ressenti que j'ai éprouvé en le voyant, il n'engage que moi mais il peut contenir pas mal de spoiler ! A ne pas lire donc si vous souhaitez voir le film vierge tel une Sansa contemporaine.

Bizarrement, la chaleur, ça me donne toujours des envies de films d'horreur. Comme le froid d'ailleurs. En fait, j'ai toujours envie de films d'horreur, mais ça me fait toujours mal au coeur de constater qu'en trouver un bien fichu de nos jours, c'est vraiment pas facile...

Le Pitch selon IMDB : "A group of online chat room friends find themselves haunted by a mysterious, supernatural force using the account of their dead friend."

Le Pictch selon moi : Un groupe d'amis se retrouve hanté par une mystérieuse force surnaturelle, qui use des comptes web d'une amie morte suicidée il y a un an, jour pour jour. On suivra tout le film par les yeux d'un des personnages principaux, Blaire, via son écran de mac ("petit" placement produit...), via sa Webcam et ses recherches Google. Le film commence par une présence bizarre, un inconnu qui apparaît dans leur liste d'appel Skype. Après quelques inquiétudes : on ferme la fenêtre, on ouvre la fenêtre, on coupe la communication, on rappelle les amis, etc... le groupe d'ami finit par "lâcher l'affaire"... Mais l'inconnu se met alors à leur parler, en prétendant s'appeler Laura, le même prénom que leur amie morte il y a un an de ça, suicidée suite à une vidéo particulièrement humiliante, posté sur les réseaux sociaux. 

Résultat : Franchement ? C'est chiant à mourir...J'ai vu le film sur mon petit écran de pc, ce qui donnait pourtant vraiment l'impression de participer. Imaginez, l'image du film, c'est ça tout du long :





C'est à dire une vision uniquement par la webcam des autres, et donc une image qui tressaute, qui freeze, qui coupe, qui fait des bruits chelous de caméra pas contente, une vision uniquement par une seule personne (toujours Blaire) et donc avec toutes les recherches qu'elle fait, tous les messages privés qu'elle envoie à son mec (Mitch ? Je ne suis pas sûre), tous ses bruits de clavier et notifications Facebook... Alors oui, le concept est sympa. Pour un court métrage. Pour un film de 1h22, franchement, y a de quoi péter un boulon. Et voilà que je checke mon portable au énième son de notification quelconque, par habitude, et voilà que j'essaye de cliquer sur la fenêtre du dessous parce que là, vraiment, on voit rien et on comprend pas ce qu'il se passe. Ah ben merde, ça marche pas, c'est le film. Idiote. Bref. C'est long, beaucoup trop long. Mais en même temps, très réaliste ! Sauf que quand ça fait 5 fois que la meuf veut cliquer sur un lien qui apparaît en grisé et que son mec lui propose seulement maintenant de rafraîchir la page, moi, ça faisait déjà 8 bonnes minutes que je lui criais de faire ça derrière mon écran. Non mais vraiment ! C'est comme regarder un vieuxe se servir d'un ordinateur, taper www.pouetpouet.com dans la barre de recherche de Google sans pouvoir lui prendre la souris des mains. Rageant.

Et son taf de film d'horreur ? Mouais, un peu angoissant mais peut-être juste pour les raisons que je viens de citer... L'histoire est banale et sans surprise. Pas de révélation fracassante à la fin, pas vraiment de gore (tant mieux), pas de réelle inquiétude pour les personnages (sauf pour cette pauvre Blaire et ses capacités informatiques)... Bref, on ne rentre pas dedans du tout. Oui, y a une petite (mais alors petite, hein !) critique des réseaux sociaux, de la vie privée, du harcèlement informatique, mais bon, à part fournir un prétexte, je vois pas trop le but....
Broco a perdu 1h22 de sa vie et il est pas content !
1/5
(pour le concept) (en encore) (c'est bien payé)
En conclusion : Chacun sa route mais passe ton chemin !!

samedi 1 août 2015

Le Point BD #1


[Le Point BD, c'est un petit rendez-vous où je vais vous parler de plusieurs bandes dessinées que j'ai lu plus ou moins récemment en un seul article, vous retrouverez sans doute plus tard des articles similaires : Le Point Roman, Le Point Albums, Le Point Essais et Docs, nous verrons bien.]

Etienne Davodeau "Le Chien Qui Louche"
Futuropolis - 2013
9782754808538
Oui, c'est le premier Davodeau que je lis et bien qu'il parait que ce n'est pas son meilleur (c'est lequel son meilleur ?), j'ai beaucoup aimé ! Tout d'abord, le dessin est magnifique, on reconnaît parfaitement les couloirs du Louvre et les oeuvres représentés (surtout que nous y sommes allés il n'y a pas si longtemps), on sent bien le boulot derrière et c'est agréable. Ensuite le scénario, j'ai lu par ci par là que c'était mièvre, complètement loufoque et pas du tout crédible. Mouais. Pas d'accord.
Broco a bien aimé !
3/5
L'histoire de Fabien, humble gardien du musée, jeune et sympathique est pourtant bien plaisante à lire. J'ai apprécié le fait de découvrir les coulisses de ce métier que le personnage principal aime tant (j'y ai d'ailleurs reconnu quelques situations vécues dans mon ancien métier de libraire... Comme ces gens qui demandent une orientation à la personne qui se trouve justement pile sous le panneau indicateur ! Argh). Les personnages secondaires (sauf la copine que j'ai trouvé un peu bizarre, presque malsaine) sont drôles et, oui, complètement loufoques ! Mais franchement, c'est de la fiction, bon sang ! En gros, les frères de la copine de Fabien lui demandent d'intégrer au musée du Louvre une croûte peinte par un de leur ancêtre, "Le Chien qui Louche". Le pauvre garçon, complètement atterré, mais désireux de faire bonne impression à sa future belle famille, accepte le deal. S'en suis quelques péripéties où apparaît une mystérieuse société digne d'un Da Vinci Code (les armes et meurtres en moins. Quoique). Tout cela sous fond de réflexion sur qui choisit ce qui entre dans ce prestigieux musée, qui le "mérite" vraiment, une réflexion sur la Culture en général en somme ! Une très bonne BD qui a le mérite de faire sourire et de se faire admirer.
Acheter Le Chien qui louche

Derf Backderf "Mon Ami Dahmer"
Éditions ça et là - 2013
9782916207803
Ceux qui me connaissent dans la "vraie" vie savent que le sujet des sérials killers, et surtout l'aspect psychologie / psychiatrie / criminologie m'intéresse pas mal, Ici, nous rencontrons Jeffrey Dahmer, l'un des tueurs en série les plus terrifiants et quelque peu énigmatique de l'histoire américaine, Dahmer a sévi pendant environ 13 ans et a tué dix-sept jeunes hommes, il est connu pour l'aspect particulièrement horribles de ses meurtres puisqu'il a pratiqué le cannibalisme et la nécrophilie sur les cadavres de ses victimes. Je vous invite, si le sujet vous interpelle, à jeter un oeil à la page Wikipédia qui le concerne.
Toutefois, ce n'est pas cet aspect de l'homme que nous allons découvrir dans cette BD, mais sa vie adolescente, son passé, une partie de son existence à travers les yeux de l'auteur qui, et c'est là que cela devient intéressant, l'a connu durant cette période. Derf Backderf a en effet fréquenté Jeff Dahmer pendant toutes années de lycée et l'a tout de même, on le verra tout au long de la lecture, bien connu, même si le terme "amitié" pour décrire leur relation est beaucoup trop fort. 
Broco a eu un coup de coeur
mais Broco est un peu mal à
l'aise de faire des petits coeurs à
côté de Jeffrey Dahmer

5/5
Le travail de l'auteur pour cet ouvrage a été très important, il en parle beaucoup plus lui-même dans sa préface et postface. Si la BD se base principalement sur ses propres souvenirs et ceux d'autres amis de l'époque, il a ensuite recoupé tous ces éléments avec les interview et interrogatoires de Jeffrey Dahmer lors de son arrestation et de sa captivité (le tueur étant l'un des rares, voire même seul, à avoir tout avoué assez rapidement et à avoir aussi montré des remords et des regrets). Nous sommes donc face à la descente aux Enfers d'un ado, certes un peu différent, mais à qui rien n'a été épargné et que personne n'a pu ou voulu aidé. Bien que cela n'excuse en rien ses actes, il est tout de même intéressant de constater que les "symptômes" que montraient Dahmer étaient la démonstration de quelqu'un qui souffre (à minima d'une dépression, si ce n'est plus) mais que personne, on pense surtout aux adultes de son entourage, parents, professeurs, etc. n'a agit pour tacher d'en savoir plus. Clairement, cette BD, même si elle est passionnante et que j'ai vraiment beaucoup aimé, est d'une tristesse et d'un désespoir rare. A ne pas mettre dans toutes les mains. Pour finir, je tiens à noter le dessin de l'auteur, qui, s'il peut dérouter à la première impression, colle tout à fait au sujet. Dahmer est d'une ressemblance troublante avec les photos que l'on peut trouver sur le net et dans l'intro de l'ouvrage et le malaise que l'on éprouve en le lisant est conforté par les illustrations. Bref. Génial. Traumatisant.
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Marion Montaigne "Bizarrama Culturobiologique"
Delcourt - 2015
9782756071947
On ne présente plus Marion Montaigne, son alias, Professeur Moustache, et son blog "Tu mourras moins bête", dont 3 tomes de BD ont été tiré (d'abord chez Ankama, puis chez Delcourt). Si le sujet du présent ouvrage est le même : expliquer des aspects scientifiques de la vie quotidienne de façon ludique, drôle et franchement limpide pour le commun des mortels, les strips proviennent de sa collaboration avec Arte TV. Contrairement au blog que je suis depuis des années avec entrain, je ne connaissais pas du tout son travail avec la chaîne, toutes les BD étaient donc des inédites pour moi, ce qui est franchement appréciable ! On retrouve donc tout ce qui le charme de Montaigne, son humour et
Broco a bien aimé, sans plus.
3/5
son dessin un peu bancal mais qui colle parfaitement à la thématique. Par contre, soyons honnête, ce n'est pas son meilleur titre, je reste une fan absolue des "Tu mourras moins bête" et là, même si on apprécie le voyage, même si on se marre et qu'on apprend un tas de choses, il manque l'étincelle qui fait de Moustache, le parfait professeur (bon, un peu dégoûtant par moment quand même, hihihi). Vivement septembre et le tome 4 ! A noter tout de même, le petit côté irrévérencieux de Marion Montaigne, notamment avec l'affaire DSK (quel rapport avec la culture, me direz-vous !) mais aussi avec ce bon vieux Dieu qui fait planter le monde et appelle ses collègues pour tenter de récupérer la sauvegarde... C'est, pour le coup, à mourir de rire !
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Tiphaine Rivière "Carnets de thèse"
Seuil - 2015
9782021125948
Que les choses soient claires, je n'ai pas fait de thèse, je n'ai jamais eu envie de faire une thèse et je ne ferai sans aucun doute possible jamais de thèse. Pourquoi ? Franchement, juste : parce que. A vrai dire, je ne me suis jamais vraiment posée la question, je savais juste que ce n'était pas pour moi : j'ai déjà fait un mémoire et ça m'a amplement suffit. La lecture de cette BD génialissime (ça aussi, c'est une chose qui doit être claire...) n'a fait que confirmer ce que je pensais, elle m'a permis de mettre des mots sur mon refus catégorique de pratiquer ce type d'exercice universitaire, qui certes, peut être passionnant mais aussi profondément déstabilisant.
Broco dit "Waoug !"
5/5
Tiphaine Rivière raconte l'histoire, sans doute largement inspirée de sa propre expérience, de Jeanne, jeune prof en ZEP, complètement dégoûtée de la pratique de son métier qui se lance gaiement dans la rédaction d'une thèse en Littérature et plus précisément, sur Kafta et sur le motif du labyrinthe dans l'ensemble de son oeuvre. Si faire une thèse lui semble idéal en démarrant (elle est tout fière de faire partie des "Chercheurs"), la pauvre va bientôt déchanter. On retrouve dans cette BD une violente critique du système universitaire français en général, avec toutes les galères administratives qui y sont rattachées et que l'on reconnaît bien lorsque l'on a côtoyé ce milieu (même sans la thèse d'ailleurs). Mais surtout, il s'agit de montrer que ce travail, loin d'être effectué par des thésards feignants et complètement déconnectés de la réalité du marché du travail (franchement, faire une thèse en Lettres, ils cherchent quoi, les mecs) (vous les entendez, les cons qui disent ce genre de trucs) (moi oui, même en ayant "juste" fait un mémoire), est vraiment fait par des passionnés, qui rament complètement, qui survivent difficilement et qui parfois, perdent beaucoup plus que leur simple temps. On assiste donc à la vie de Jeanne, totalement obsédée et débordée par son sujet et on voit arriver les conséquences plus ou moins dramatiques que ce monstre de papier aura sur sa vie. Cette BD est à lire si vous faites une thèse (surtout), si vous voulez en faire une un jour (SURTOUT !), si vous connaissez quelqu'un qui en fait une/qui veut en faire une, mais encore plus si vous n'avez absolument aucune connaissance du milieu de la fac et que vous êtes assez intelligent pour décider de connaître votre sujet avant de critiquer... D'ailleurs, je m'en vais la relire moi.
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Luz "Catharsis"
Futuropolis - 2015
9782754812757
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Je ne sais pas vraiment quoi dire à propos de cette bande dessinée. Je me suis sentie particulièrement bête juste après l'avoir refermée parce que la seule chose que j'avais envie de faire, c'était de serrer Luz dans mes bras, ce qu'il décrit comme particulièrement pénible et presque cruelle dans cette même BD... Je me suis donc rabattue sur mon chat et mon mec, tout en me sentant encore plus stupide.
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Mais c'est vraiment difficile de ressentir autre chose, on est plongé dans son corps, dans sa tête, dans ses émotions violentes, difficiles, tristes. On revit à sa place cette journée terrible où il a perdu tant d'ami, on ne comprend pas, on espère qu'il aille mieux tout en nous disant que ça va être franchement difficile et que c'est compréhensible. On se dit qu'en fait, on ne sait pas (et on ne veut pas savoir) ce que ça fait de vivre un moment pareil. On se dit que de toute façon, il faut le laisser tranquille, avec sa femme (ce qu'on perçoit de leur relation est juste magnifique). Que notre peine et notre colère, même si elle est légitime, doit être tellement minable par rapport à la sienne qu'il vaut mieux juste se taire.
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Jamais une BD n'a mieux porté son titre que celle-ci.

Oui, Broco se tait, pour la peine.
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