mardi 29 septembre 2015

"D'après une histoire vraie" de Delphine de Vigan

JC Lattès - 2015
9782709648523

Cette lecture fut une sacrée expérience. Et écrire un article dessus ne va pas être une chose facile. Pour ne rien vous cacher, j'ai dû recommencer ce truc au moins une bonne dizaine de fois, pas parce que je n'ai pas aimé, j'ai assurément adoré mais ce ne fut pas une lecture de tout repos. Je vais essayer de m'expliquer plus clairement.

Après la parution de son dernier roman, qui a connu un succès phénoménal, la narratrice, Delphine, va connaître une période de doute, une période de forte angoisse face au curseur clignotant de sa page forte. Elle va être incapable d'écrire une seule ligne, jusqu'à en être malade à la simple évocation de l'acte d'écriture. Dès les premières pages, Delphine nous apprend que c'est sans doute en partie la rencontre avec un personnage intriguant, une femme belle, charismatique et lumineuse, L. qui a précipité et amplifié ce mal-être. S'en suis alors un ouvrage d'une rare complexité, qui mêle l'autobiographie, le thriller psychologique et l'essai, où le vrai et le faux s'entremêle pour nous laisser étourdi.

Les deux femmes, Delphine et L., se ressemblent et sont à la fois en totale opposition, l'une est assez sociable et sous les feux des projecteurs, mais défend la fiction, l'autre est "nègre", dans l'ombre, assez seule mais se bat pour une littérature du Réel, de la Vraie Vie. Plus le récit avance, plus l'influence de L. dans sa vie est présente et puissante et plus l'étau autour de Delphine se resserre. Et surtout, plus la frontière entre l'auteure Delphine de Vigan et la narratrice Delphine devient floue !

En effet, sans connaître vraiment le personnage public, on ne peut pas s'empêcher de les confondre. Des indices, des ancrages dans la réalité sont semés comme, par exemple, (attention, c'est l'instant Closer !) son compagnon dans la vraie vie, François Busnel, le présentateur de l'émission La Grande Librairie, est cité par son prénom (uniquement) et son métier y est mentionné, mais sans pourtant rentrer dans les détails. Pour ceux que l'opposition réel/fiction, Delphine/Delphine de Vigan intéresse, cet article de Rue89 est assez bien fait.


J'ai aimé découvrir des citations de Stephen King à chaque nouvelle partie. Nous y retrouvons deux romans, Misery et La Part des Ténèbres, qui place un auteur dans une situation difficile (doux euphémisme) qui découle directement de leur travail d'écriture. Je vous invite d'ailleurs à jeter un oeil à ces deux romans (et aux autres ^^) ! Et au film Misery aussi d'ailleurs, Kathy Bates y est terrifiante ! Le but ici n'est pas de mener une recherche, de construire une thèse autour du livre de Delphine de Vigan mais ces citations laissent à penser que ce bouquin se place clairement comme une fiction autour d'un auteur (comme ceux de SK donc).

Cette lecture m'a donné envie de découvrir Rien ne s'oppose à la nuit, le précédent ouvrage de DdV, j'ai regretté de ne pas l'avoir lu avant celui-ci, sans doute parce que de nombreuses références sont faites à "ce livre qui a eu beaucoup de succès" et parce que le nouveau se présente presque comme une suite, un "après" ce livre-là. Bien sûr, ce n'est pas du tout le cas, mais la comparaison est tout de même amusante.
5/5
Ah ! L'amour...

Ce livre est donc un GROS coup de coeur et une belle découverte ! Il est pose de bonnes questions autour de la littérature, de son impact, de sa place et de son rôle, il énerve et angoisse. Toutefois, un petit bémol tout à fait personnel : la narratrice m'a parfois passablement gonflé, tant par sa naïveté que par son nombrilisme et j'ai souvent refermé le bouquin un peu violemment en rageant "mais quelle idiote !", mais c'était pour mieux y revenir. C'est d'ailleurs très très très rare, alors qu'un livre et un personnage m'énerve à ce point, que je le continue et tourne la dernière page en pensant que, tout de même, c'était diablement bien !

Un bouquin brillant et complexe, tout en paradoxe.


Quelques citations
"L. était belle et les hommes la regardaient, j'essayais de capter le regard des hommes sur elle, de saisir le moment où ce regard se troublait. Je suis sensible à la beauté des femmes, je l'ai toujours été. J'aime les observer, les admirer, tenter d'imaginer quelle courbe, quel creux, quelle fossette, quel léger défaut de prononciation, quelle imperfection suscite chez elles le désir." p.37
"Bien sûr, qu'on fabrique des personnages ! Mais le plus fort, c'est qu'on les fabrique à l'insu des personnes qui les incarnent." p.61
"Est-ce que chacun de nous a ressenti cela au moins une fois dans sa vie, la tentation du saccage ? Ce vertige soudain -tout détruire, tout anéantir, tout pulvériser- parce qu'il suffirait de quelques mots bien choisis, bien affûtés, bien aiguisés, des mots venus d'on ne sait où, des mots qui blessent, qui font mouche, irrémédiables, qu'on ne peut pas effacer. Est-ce que chacun de nous a ressenti cela au moins une fois, cette rage étrange, sourde, destructrice, parce qu'il suffirait de si peu de choses, finalement, pour que tout soit dévasté ?" p.322-323
"Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi." p.325
"[...] C'est surtout parce que le réel a les couilles d'aller beaucoup plus loin." p.363

dimanche 27 septembre 2015

Les Plaisirs de la Semaine #1

C'est tout l'intérêt d'avoir un blog, découvrir et partager ce que l'on aime, dans l'espoir que ça plaise à ceux qui nous lisent. Je teste ici une nouvelle catégorie (mon blog est une zone de test, qu'on se le dise), je poste ici différentes choses que j'ai vu et aimé dans la semaine (on va essayer de ne pas tricher, promis) et qui n'aura pas ou peu de rapport avec les bouquins (on se garde ça pour les billets Lecture, dacodac ?)

#1 : Les illustrations de Puffin Rock découvertes à l'instant sur le Blog d'Eléonore Bridge, blogueuse mode qui tend à se diversifier (pour mon plus grand plaisir). Je ne connais pas du tout ce dessin animé mais il faut avouer que son article et surtout ces superbes dessins ont attiré mon attention ! Je vous mets quelques exemples mais allez voir chez elle ce que ça donne si ça vous branche ! (ce n'est pas de la pub, elle n'a pas vraiment besoin de moi pour ça !)




#2 : La série UnReal ! D'ailleurs, je vous prépare en ce moment-même (presque, je n'ai que deux mains) un article dessus. C'est une série dont je n'attendais pas grand-chose et qui m'a donc positivement surprise. Et j'ai été heureuse de retrouver la trop choupette Shiri Appleby dans un registre beaucoup plus intéressant que la frêle ado humaine de Roswell (qui se souvient de Roswell d'ailleurs ?  J'ai onze ans et qu'est-ce que je les trouvais cools, tous ces petits aliens ! Et bien gaulés avec ça. C'est aussi là-dedans que j'ai vu Katherine Heigl pour la première fois, il me semble).


#3 : La Librairie La Lison, découvrir une nouvelle librairie va voir le jour en novembre et pas très loin de chez moi qui plus est ! Leur page FB.



#4 : Ma nouvelle chemise H&M, qu'elle est trop belle. Les fringues, c'est bien, ça permet de se balader dehors sans attraper froid au frifri et à toutes les parties du corps un peu frileuses (tout mon corps en fait) mais je n'aime pas en acheter, je n'aime pas les essayer, ça coûte cher, mon budget bouquin est "un peu" (ahem) conséquent et je préfère ça mais là, une chemise toute douce, qui criait désespérément mon nom dans le magasin, je n'ai pas pu résister. Que voulez-vous ? Les machins abandonnés, ça m'émeut.


#5 : Mon Poilu et ses figurines, j'adore le regarder peindre tous ces petits machins minuscules, dont je n'arrive même pas à distinguer les détails, tout en grimaçant, hyper concentré. Celui-là, c'est le dernier en date, il s'appelle Grom le Barbare et vient du jeu Arcadia Quest.


#6 : Le magazine Flow n°5, parce qu'il est tellement joli avec ces petites poupées russes et, bien que je n'ai aucune espèce d'intérêt pour le Développement Personnel (la discipline, hein, vous vous développez comme vous voulez ^^), c'est un chouette magazine Feel Good, avec tout plein de beaux petits cadeaux (des étiquettes, un petit cahier, des belles illustrations sur un beau papier épais) qui fait du bien à l'oeil et au moral (en ce début d'automne grisâtre, ça fait plaisir) (sauf qu'au moment où j'écris ces lignes, le soleil a décidé de pointer le bout de son nez juste pour me contredire).

(si vous regardez attentivement, vous verrez en haut à gauche un truc hyper vintage : le cd de Grease <3)
Voilà, j'espère que vous avez passé une excellente semaine et j'en profite pour vous remercier, vous qui passez un peu de temps ici et prenez le temps de lire mes bêtises ! 

vendredi 25 septembre 2015

Dark Places vs Les Lieux Sombres

Dark Places - 2015
réalisé par Gilles Paquet-Brenner - avec Charlize Theron
vs

Gillian Flynn
Sonatine - 2010 - 9782355840357 (celui que j'ai)
Livre de Poche - 2011 - 9782253157137


Je suis totalement fan de Gillian Flynn, j'ai lu (deux fois) ses trois livres (Sur Ma PeauLes Lieux SombresLes Apparences) et j'attends désespérément qu'elle en écrive un quatrième... Le film tiré des Apparences, Gone Girl, étant une adaptation particulièrement réussie, je me suis intéressée de plus près à Dark Places, avec la toujours superbe (même quand elle essaye de s'enlaidir) Charlize Theron. 

Dark Places est donc adapté du roman du même nom (Les Lieux Sombres en français, pour une fois que la trad est bonne, il faut le souligner) que j'ai lu il y a pas mal de temps maintenant (5 ans déjà ?! Diantre, que ça passe vite). J'ai gardé un très bon souvenir de ce bouquin, ce n'est pas celui que j'ai préféré de l'auteure mais en même temps, à côté des Apparences, tout parait bien pâlot... C'est principalement l'ambiance et l'héroïne qui me sont restées en tête, les deux sont froides, tristes, traumatisées et traumatisantes.


Mais Quid du film ? Je préfère vous prévenir tout de suite, je fais partie de ces personnes qui préféreront toujours le livre au film (et je sais que ça en énerve pas mal de monde), on peut dire tellement plus de choses en 500 pages qu'en 113 minutes (et ça vaut pour quasi tout, même les adaptations les plus réussies, comme La Ligne Verte par exemple) !

De manière générale, le film n'est pas mauvais ! L'ambiance est bien rendue, les acteurs sont tous excellents mais la psychologie des personnages n'est pas assez creusée, notamment celle de Libby Day, héroïne interprétée par Charlize Theron, qui parait juste "bourrue" alors que la pauvre fille, qui, à l'âge de 8 ans, a vu sa mère et ses deux soeurs se faire massacrer par son grand frère, est complètement traumatisée et a grandi en dehors d'une société qui l'a d'abord prise sous son aile pour l'oublier une fois que le fait divers a pris de l'âge. Le point de départ du récit est assez simple, la petite Libby, qui a bien grandi (37 ans de mémoire), est contactée par une association qui défend les prisonniers dans le couloir de la mort et qui est persuadée de l'innocence de son frère. Très loin d'en être convaincue, Libby part tout de même à la recherche de son passé, poussée par son besoin d'argent. Ce qu'elle va y découvrir est d'une cruauté extrême. Justement, ce qu'elle y découvre est presque dit tout de suite dans le film. Ce qui est annoncé subtilement dans le bouquin nous est jeté à la figure dès le début du film. Du coup, même sans avoir un minimum de jugeote, on comprend tout de suite le pourquoi du comment. Et pour un polar, c'est un tout petit peu dommage...


C'est donc un film qui ressemble plus à un petit téléfilm qu'à Gone Girl, pour ne citer que lui ! Après, ça se laisse tout à fait regarder, ça passe vite, les décors sont beaux, les acteurs sont beaux, tout est beau. A noter la performance de Chloë Grace Moretz (qui fait partie de mon Top Girl Crush, je vous en reparlerai à l'occaz), elle arrive à être à la fois sexy, mignonne ET totalement terrifiante. Un big up à Christina Hendricks, the "busty one", dont le personnage à l'air tellement fatigué qu'on a juste envie d'aller la border, un lait chaud et au lit ! J'ai finalement trouvé que c'était ces deux actrices qui portaient le film et que notre amie Charlize n'était là que pour attirer du monde...

Bref, c'est un chouette film, qui aurait pu être bien meilleur.

Lisez le livre, il est génial.

mercredi 23 septembre 2015

"Les Assassins" de RJ Ellory

Sonatine - 2015
9782355842894

J'ai mis exactement trois semaines à finir ce bouquin. Ce qui est pour moi, il faut l'avouer, assez bizarre. Ne vous méprenez pas, ce n'est pas (uniquement) de sa faute à lui. Parfois la vie vous déborde sans raison aucune et le temps file encore plus vite qu'à l'ordinaire mais c'est vrai que je n'avais peut-être pas choisi le "bon" roman pour l'accompagner, cette période.
Les Assassins raconte l'histoire de John Costello, survivant du tueur du Marteau de Dieu qui l'a attaqué, lui et sa copine, lorsqu'il était adolescent et celle de Ray Irving, flic bourru et solitaire comme on en fait tant dans la littérature policière. Ces deux personnages vont mettre leurs forces en commun pour tenter d'arrêter un tueur en série bien particulier qui œuvre en ce moment dans les rues de New-York. Le tueur en question "s'amuse" à reproduire d'anciens meurtres, d'anciennes affaires, résolues ou non, dans les moindres détails et John, vraisemblablement atteint d'une sorte de Syndrome d'Asperger, est le seul à découvrir ces similarités et à peut-être pouvoir les prévoir.

Au-delà d'un énième roman policier autour d'un thème à la mode, nous avons ici affaire à une véritable encyclopédie du serial killer américain, les faits s'accumulent, on redécouvre des tueurs qu'on connaît bien comme le tueur du Zodiaque et on apprend à connaître les autres. C'est sans doute pour cela que j'ai mis si longtemps à le lire, l'accumulation de "facts", de descriptions, de retour dans le passé pour nous présenter John Wayne Gacy, impose presque une lecture lente, à la manière dont on lirait un essai sur le même sujet. Cette lenteur se retrouve aussi dans le temps de la narration, puisqu'ici, de façon tout à fait crédible, les morts ne se succèdent pas à la vitesse du tgv, et parfois plusieurs semaines, voire des mois, avant qu'un nouveau cadavre ne fasse son apparition, laissant nos deux enquêteurs dans une expectative douloureuse. Autre point intéressant, contrairement à pas mal de romans récents mettant en scène des serials killers, ici, le commémorateur (comme le nomme à juste titre Irving) n'est pas l'un des personnages principaux, comme peut l'être celui de Leçons d'un Tueur, par exemple (nous rentrions dans sa tête pendant des chapitres entiers, ce qui permettait de comprendre son fonctionnement, la logique et la nécessité qu'il mettait dans ses meurtres). John Costello et Ray Irving sont les seuls maîtres à bord.
3/5
Broco n'a pas d'idée de blague
et va donc se taire pour une fois.




Les Assassins est le premier roman de RJ Ellory que je lis (les autres ne m'intéressent pas spécialement, j'ai en horreur les thématiques autour de la mafia et de la politique dans les polars) et je dois dire que, même si ce n'est pas un coup de cœur et que j'ai mis beaucoup plus de temps qu'il en fallait pour le lire, j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Je regrette juste de l'avoir faite à ce moment-là.


lundi 21 septembre 2015

Sense8

Sense8 - Série Netflix - 2015
Réalisé par les Frères Wachowski
Les séries font partie de mon quotidien depuis pas mal de temps maintenant, il y en a de très bonnes qui me passionnent, des moins réussies que je continue de regarder par habitude et des mauvaises auxquelles je reste vraiment attachée. Dans cette nouvelle catégorie "Série", je vais vous présenter la saison entière d'une série que j'ai aimée. Ou pas d'ailleurs (mais comme je ne suis pas maso, ce ne sera sans doute pas une saison entière ^^).

Nous commençons donc avec une petite nouvelle dont j'ai entendu beaucoup de bien mais aussi pas mal de mauvais en me promenant sur le web. C'est une série Netflix, il faut donc avoir un abonnement au service pour la visionner (après, vous faites ce que vous voulez, pas de jugement...). J'ai un peu tardé à la voir, je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs mais nous venions de nous enfiler les trois saisons d'Orange Is The New Black (aussi une série Netflix et totalement géniale d'ailleurs) et je me suis remise à l'intégrale d'Heroes en prévision de la suite annoncée avant l'été. 

Revenons à nos moutons. Sense8 est réalisée et scénarisée par les Frères Wachowski, ceux-là même qui nous ont offerts Matrix (aaaaah Matrix...) ou V pour Vendetta mais aussi pas mal de mauvais films (les deux suites de Matrix, franchement...). Leur style est d'ailleurs clairement reconnaissable tout au long des 10 épisodes que compte la première saison mais j'y reviendrai !

De quoi ça parle ?

Comme le titre l'annonce, 8 est un chiffre clef, nous sommes donc face à huit personnages, dispersés à travers le monde.
  • Nomi : vit aux USA, hackeuse de compétition, transgenre et amoureuse d’Amanita (Martha dans Doctor Who !!)
  • Lito : acteur de télénovela, mexicain. Il cache son homosexualité pour ne pas risquer de briser sa carrière (l'homme macho, qui collectionne les conquêtes féminines, tout ça...)
  • Will : flic américain classique
  • Riley : DJette, passionnée par la musique, à Londres au début de la série mais islandaise d'origine.
  • Wolfang : voleur et criminel (de plutôt grande envergure d'ailleurs) allemand. Absolument pas complexé par son corps...
  • Capheus : conducteur d'un matatu (une sorte de bus africain) prénommé Van Damme au Kenya, il tente de gagner assez d'argent pour soigner sa mère atteinte du Sida.
  • Kala : jeune indienne fiancée à un homme qu'elle apprécie mais n'aime pas. Docteur en Pharmacie et très croyante (Ganesh en particulier).
  • Sun : brillante femme d'affaire coréenne et championne de kick-boxing.
Suite au suicide d'une femme qu'ils ne connaissent pas, tous commencent à avoir de fortes migraines et à se "voir", se ressentir les uns les autres. Leurs histoires personnelles ne vont alors pas tarder à se mélanger et à peser sur celles des autres sans jamais (ou pas, je ne vais tout de même pas vous spoiler, ce serait dommage !) se rencontrer. Chacun possède une caractéristique, un souvenir ou une capacité qui va être utile à un autre à un moment donné, le personnage en question "remplace" donc physiquement l'autre pendant le temps nécessaire. C'est assez difficile à expliquer mais, visuellement, l'enchaînement est parfait et est parfaitement rendu.

Pourquoi c'est bien ?

Les personnages sont hyper attachants. Alors oui, chacun d'entre eux est un petit peu cliché dans son genre (l'asiatique sait se battre comme personne, le mariage arrangé indien, le flic américain boit des bières et aime son pays...) mais ils ont tous un petit quelque chose en plus qui fait qu'on a toujours envie d'en savoir plus sur leur passé. J'aime les personnages creusés, c'est (en partie) ce qui me fait aimer Stephen King, la capacité qu'il a de présenter longuement la vie et les pensées d'un personnage qui ne fera pourtant qu'une toute petite apparition dans le roman. Bien sûr ici, on ne peut pas tout apprendre en seulement dix épisodes et il faut aussi faire avancer l'intrigue principale. Mais vous allez vite avoir un ou plusieurs personnages dont vous allez attendre les apparitions avec impatience (Sun, Nomi ou Wolfgang pour moi) et ceux qui vont vous faire lever les yeux au ciel d'exaspération (Riley...) et ça différera sans doute d’un personnage à l'autre. Il est évident que quelques raccourcis sont pris : tous les persos sont des gens assez "importants", avec une vie et un passé peu commun (pour faire court, ce n'est pas le pauvre SDF du coin de la rue ou le réfugié qui traverse la Méditerranée en ce moment même), mais bon, il faut parfois savoir accepter une certaine part de fiction et d'irréalisme...

Les thématiques changent de ce que l'on peut voir habituellement, la sexualité (sous diverses formes) y est largement abordée avec, par exemple, un personnage homosexuel masculin qui même s'il a l'air de très bien le vivre, ressent la nécessité de le cacher aux yeux du monde ou encore Nomi, femme transgenre (organes sexuels masculins de naissance -> identité féminine), amoureuse d'une jeune punkette. On peut d'ailleurs ici se demander quelle est la part d'autobiographie dans ce perso, sachant que l'un des "Frères" Wachowski a récemment entamé (ou terminé ?) une transition (de Larry à Lana). À noter aussi que l'actrice qui interprète Nomi est elle-même transgenre. Si vous êtes allergiques aux scènes de relations sexuelles, c'est sûr que cette série ne vous plaira pas mais ce serait vraiment dommage. On retrouve dans l'un des épisodes (hélas, je n'ai pas noté le numéro) une magnifique (certes un peu gratuite, mais on retrouve bien l'esprit Netflix-HBO-Chaines câblées...) scène de sexe à plusieurs (franchement, partouze ou orgie, c'est trop moche comme mots pour décrire cette séquence) où presque tous les personnages se retrouvent, via ce lien biologique si particulier, et se font l'amour l'un à l'autre, sans qu'aucune orientation sexuelle ne soit prise en compte. Et c'est beau. 


Pour conclure :

En gros, vous êtes dans une série avec une belle esthétique, onirique, spirituelle (coucou Ganesh) où les sentiments, les émotions, les ressentis ont une place prépondérante. Le style des Wachowski est très présent que ce soit dans les combats (réels, avec ceux de Sun, ou mis en scène, avec ceux de Lito ^^) ou dans le caractère et l'interprétation des personnages (le méchant rappelle beaucoup l'Agent Smith, avec sa capacité à surgir n'importe où, n'importe quand et son caractère froid, tout en professionnalisme !).

À voir si vous aimez les séries complexes à gros budget, les beaux paysages (passer de l'Inde à l'Islande, c'est magique), les combats surréalistes d'arts martiaux et Jean-Claude Van Damme !

samedi 19 septembre 2015

Le Point BD #2



Les Nombrils T.7 Un bonheur presque parfait 
de Delaf & Dubuc
Dupuis - sept 2015
9782800163536
[Attention, il s'agit du septième tome, il y a donc un risque ahurissant de spoiler ! Vous êtes prévenus !]

Les Nombrils et moi avons dû nous rencontrer quelques temps après la parution du premier tome (en 2006 apparemment) grâce à la blogbdéiste Laurel qui en parlait avec un enthousiasme non dissimulé. Comme il faut avouer que je n'y connaissais pas grand chose en BD à l'époque, je me suis jetée dessus sans vraiment réfléchir (je fais ça souvent). Et il faut avouer qu'au début, ça cassait pas trois pattes à un canard. Une planche = un gag, drôle certes mais franchement pas hyper subtile et recherché. Mais je ne sais pas pourquoi, ça a dû me plaire quand même, puisque j'ai continué à acheter tous les tomes, un par un, à chaque sortie. Et si les Nombrils ne grandissent pas et continuent d'arpenter les couloirs de leur lycée, les personnages évoluent, la BD aussi et le dernier tome est tout simplement extra ! Pour résumer, les Nombrils, c'est un trio de copines (toutes le nombril à l'air, TADA !) : deux méga bonnasses, Vicky et Jenny qui, dès qu'elles font un pas, sont poursuivis par une horde de lycéens en chaleur et une troisième Karine, que l'on suit particulièrement. Dans les premiers tomes, elle est clairement moche, mal dans sa peau et malmenée par les deux bimbos, mais au fil des planches, elle va s'émanciper, s'embellir, se découvrir des talents cachés (notamment pour la musique) et avoir son lot d'histoires d'amour complexes. C'est aussi elle la plus futée des trois (bon, ok, c'est pas compliqué, la pauvre Jenny a de la confiture entre les oreilles).
5/5
Après l'avoir détesté, Broco
est amoureux de la pauvre
Vicky !
Ce dernier tome continue là où s'était arrêté le sixième (d'ailleurs, un petit "Previously" n'aurai pas été de trop, j'ai dû relire le 5 et 6, je ne comprenais rien) : Vicky est enfin heureuse au bras de son prince charmant (un Ken) car elle peut prouver à ses parents et à sa grande soeur qu'elle ne vaut pas rien (ambiance), Jenny hésite entre le beau (et stupide) Jean-Franky et le gentil mais légèrement potelé Hugo et Karine se remet de ses émotions suite à la découverte de la présence d'un serial-killer (rien que ça) dans son groupe de musique et sa relation avec l'énigmatique Albin rencontre quelques difficultés. Les trois filles évoluent et deviennent de plus en plus profondes et on les apprécie de plus en plus (même la plus peste des trois, Vicky, qui lutte contre une famille dysfonctionnelle au possible, tout en souhaitant leur faire plaisir, ce qui semble impossible). Différents sujets sont abordés l'homosexualité et le fait de grandir dans un foyer qui le rejette fortement, la découverte de son moi véritable, l'importance de faire la part des choses entre ce que les autres attendent de nous et de ce que nous voulons vraiment, etc. Bref, jetez-vous sur cette BD qui peut paraître frivole, enfantine ou girly mais qui a réussi à grandir avec le temps et à ne pas figer ses héroïnes ! A lire et à relire !
amazon



Eloge de la Névrose
de Leslie Plée
Delcourt - août 2015
9782756069302
Comme je l'ai dit dans mon Bilan #1, Leslie Plée est l'une de mes chouchoutes, je dois avoir quasi toutes ses BDs et si c'est souvent un régal, celle-ci, la dernière en date, est la meilleure pour moi. Leslie Plée n'a jamais caché être quelqu'un d'assez névrosé, avec des peurs plus ou moins irrationnelles et des petits TOCs. Dans cette BD, elle couche sur le papier, tout en douceur grâce à l'aquarelle (et qu'est ce que c'est joli !), quelques unes de ses névroses tout en les justifiant et en proposant des solutions pour mieux vivre avec (c'est à dire la plupart du temps, les accepter et ne pas vouloir aller contre ce qui est, finalement, un bon conseil, même si la majorité des psys vous diront l'inverse... Mais qui s'intéresse à ce que disent les psys, hein ? hum hum).

On retrouve donc, entre autres : le syndrome de l'adultisme (en gros la peur de grandir et le fait de ne jamais s'identifier pleinement comme adulte), le syndrome du fardeau (pour ceux qui ont une très faible estime d'eux et qui s'imaginent être un poids pour leur entourage. Voire une nuisance) ou le
5/5
Broco a annulé son rdv
chez le psy ! Youpi !
syndrome de Paris (le fait de ne pas aimer s'éloigner de son nid, de sa zone de confort, en gros, ceux qui n'aiment pas partir en voyage). Alors, je ne sais pas vous mais je me suis retrouvée dans presque tous les syndromes décrits (plus ou moins fortement) mais quand même. Ce qui a parfois donné lieu à quelques éclats de rire teintés de jaunes. Mais bon, la normalité, c'est subjectif, hein ? (rassurez moi) Tiens, d'ailleurs, la normalité est le point central de cette BD, c'est à dire, comment se positionner face à cette normalité qu'on nous impose tout autour de nous (comment ça, le sang de tes ragnagnas n'est pas bleu comme dans les pubs ?! SHAME ! comment ça, tu aimes bien rester chez toi et pas faire le tour du monde à dos d'éléphant de mer ?! SHAME !). C'est une BD feel good (comme disent les jeunes) qui vise à décomplexer le lecteur comme son illustratrice et ça fait du bien par où ça passe !
amazon


Cigish ou le Maître du Je
de Florence Dupré la Tour
Ankama - avril 2015
9782359103809

Alors là, attention, gros COUP DE COEUR ! Je ne connaissais pas du tout Florence Dupré la Tour et n'avais jamais lu son blog mais j'ai totalement flashé sur ce bouquin quand je l'ai croisé dans une petite libraire spé BD à Montpellier (l'objet en lui-même est vraiment magnifique, du beau papier épais, une couverture agréable au toucher, un titre qui brille). Le sujet est un peu obscur et peut nécessiter de connaître un morceau de l'univers du jeu de rôle pour l'appréhender. Toutefois, je n'y connais pas grand chose moi-même (juste quelques savoirs de base, j'ai des relations bizarres ^^) et je crois avoir tout compris ! Il s'agit donc, en plus d'être un recueil de note de blog, d'une autobiographie, l'auteure, en pleine crise existentielle, nous livre ses pensées et son plan machiavélique : elle va devenir Cigish, son personnage de JDR, malfaisant et nain nécromancien de profession, et laisser Florence, la faible, la gentille, de côté.
Les premiers mots qui me sont venus pour décrire ce bouquin (et pour convaincre mon mec de le lire) étaient "génialement what ze fuck", mais comme je conçois que ce n'est pas très littéraire, ni très clair, je vais essayer de développer. Déjà, la forme est très particulière : une alternance entre des chapitres dessinés et des reproductions de commentaires publiés à l'origine sur le blog, on retrouve les trolls et les admirateurs qui font la richesse et la pauvreté du web 2.0. Les commentaires (et donc le lecteur) deviennent partie intégrante de l'histoire, c'est une mise en abîme quasi parfaite.
5/5
Broco en est resté coi

Cigish tire sur tout ce qui bouge, la religion (l'auteure semble avoir été traumatisée dans son enfance) en prend pour son grade, les défauts du monde de l'édition (Ankama compris) sont mis à nus et moqués, les lecteurs et fans se font presque insulter (mais on aime ça ^^), etc... Vous aurez compris, Florence Dupré la Tour, via son alter ego, n'hésite pas à cracher dans la soupe mais c'est tout à fait hilarant. Je peux comprendre que cette BD ne soit pas facilement accessible mais pour ceux qui s'intéressent au web, à l'édition, qui connaissent un peu les difficultés des auteurs, c'est clairement un must-have. Pour ce qui est du dessin, je l'ai trouvé magnifique par moment et bâclé à d'autre MAIS ça représente parfaitement l'ambivalence, le dédoublement de personnalité de l'auteure et tout ça rajoute à sa psyché borderline (c'est elle qui le dit). Bref, c'est une excellente lecture, qui ne laissera pas indifférent.
ankama

p.160

jeudi 17 septembre 2015

Passage en librairie #1 - Le Bateau Livre

On me demande souvent comment je choisis les livres que j'achète (ou que j'emprunte), j'ai donc décidé de vous faire une review de certains (pas tous, sinon ça va vous gaver, hihi) passages en librairie et d'essayer d'expliquer (parfois, je ne sais pas moi-même) pourquoi j'ai jeté mon dévolu sur ce bouquin plutôt qu'un autre parmi tout ce que l'édition nous pond par semaine en France.

Voici ce que j'ai acheté au Bateau Livre, à Lille, le 12 août 2015 (avec Disco en guest-star).


Quatre livres, dont deux poches (j'ai été sage ^^), un grand format et un machin hybride (grand moyen format ? Je ne sais pas trop...) :

  • Cher Époux de Joyce Carol Oates, Points. Je connais très mal Joyce Carol Oates (à mon grand désespoir) (d'ailleurs, si quelqu'un en a un à me conseiller, qu'il n'hésite pas !) mais j'ai acheté celui-là à cause de cette photo, postée sur le compte Instagram des Éditons Points :
    C'est donc en apprenant qu'il s'agissait de nouvelles (j'adore ça) sur les rapports hommes/femmes (sujet qui me passionne) d'une grande auteure que j'ai ajouté ce bouquin sur ma liste d'envies. Et en plus, y a un poulpe sur la couverture, ce qui a achevé de me convaincre (les couvertures, c'est très important. Si si. Et les poulpes aussi).
  • La Couleur du Lait de Nell Leyshon, 10/18. Je l'avais déjà repéré à sa sortie en grand format mais faut croire que j'arrive à me restreindre parfois. Ici, c'est tout simplement le résumé en quatrième de couverture qui m'a donné envie : un portrait de jeune fille en 1831, le "récit tragique de sa destinée", la campagne anglaise... Voilà voilà. Je suis un être faible pour qui me connaît. 
  • Macadam de Jean-Paul Didierlaurent, Au Diable Vauvert. C'est très simple ici aussi : j'avais beaucoup aimé Le liseur du 6h27 du même auteur chez le même éditeur, l'année dernière. J'ai donc été ravi de découvrir sur la page Facebook du Diable Vauvert qu'un nouvel ouvrage allait paraître. 
    Il s'agit apparemment d'un recueil de nouvelles (ouiiiiii), écrites plus ou moins récemment. Ce monsieur semble avoir gagné plusieurs prix pour ce type d'exercices.
  • La Zone d'Intérêt de Martin Amis, Calmann-Lévy. Une histoire de camps nazis, avec du sexe et de l'humour. AH. Bon. J'ai pris ce bouquin uniquement à cause de cet article du Nouvel Obs. C'est, pour la plus grande partie, une interview de l'auteur, Martin Amis, et même si ça peut sembler long, c'est vraiment très intéressant. On apprend que l'ouvrage a été refusé par Gallimard (avant d'être publié par Calmann-Lévy) et le journaliste (mais aussi l'auteur) nous explique pourquoi. Livre polémique ? Insoutenable ? C'est encore la fameuse question du "peut-on rire de tout ?" qui revient. Pour ma part, je ne préfère pas me prononcer avant la lecture du livre (je pense que, quoiqu'il arrive, vous aurez une petite chronique ^^). Enfin, loin de moi de vouloir faire de la politique ici, mais j'ajouterai quand même que l'interview est particulièrement édifiante au regard de la perception de la France, en dehors de nos chères frontières... 


mardi 15 septembre 2015

"La Mémoire des Embruns" de Karen Viggers

Les Escales - 2015
9782365691307

Encore un bouquin lu grâce à Gérard Collard (tous en coeur : MERCI Gérard ! Vous pouvez voir sa vidéo ici) et c'est encore un coup de coeur. 

C'est l'histoire de Mary, une dame âgée, sérieusement malade, qui reçoit une visite fort inattendue. L'intrus lui remet une lettre, lettre contenant un secret qu'elle est sommée d'avouer à ses enfants et qui va la bouleverser. Elle décide (en trompant sa petite-fille) de repartir sur l'île de Bruny, où elle a passé une bonne et heureuse partie de son existence, comme femme de gardien de phare. Elle va profiter de cette escale pour revenir sur son passé et, à son grand désespoir, pour inquiéter fortement sa famille.

A celle de Mary se mêle l'histoire de Tom, son plus jeune fils, rentré depuis plusieurs années de l'Antarctique, après y avoir passé plusieurs mois, et malheureux depuis. Vivant seul, avec sa fidèle chienne comme seule amie et confidente, il est rongé par la culpabilité (on peut dire que le pauvre garçon se reproche un peu tout et n'importe quoi, mais cela ne fait pas de lui un faible qui se plaint tout le temps, il semble au contraire plus humain et plus sensible que les autres personnages) et ne sait pas du tout où il va dans sa vie. Il est aussi l'un des seuls à réellement comprendre sa mère et son souhait de mourir à l'endroit où elle le souhaite, et il est aussi le seul pour qui elle s'inquiète vraiment. 

5/5
Mais Broco ne veut tout de même
pas vivre dans le froid 

de l'île de Bruny.
Outre un récit de famille, nous assistons ici à l'histoire d'un lieu, l'île de Bruny, constamment balayée par des vents violents et glaçants, les descriptions, pas ennuyeuses pour un sou, sont nombreuses et nous plongent dans un univers dur et pas franchement accueillant (pour tout vous dire, je l'ai lu sous une température frôlant les 30°C et j'ai pourtant frissonné). Les visions de l'Antarctique, que nous donne Tom, sont du même acabit et on a bien du mal à comprendre, même si ça doit être très très beau, pourquoi il désire tant (pourquoi il a tant besoin d') y retourner. La nature est finalement l'un des personnages principaux, tout comme Mary et Tom.

Cette froideur est aussi à l'image des relations entre les personnages, que ce soit entre Mary et sa fille aînée (un modèle d'égocentrisme), entre Mary et le jeune garde forestier chargé de sa sécurité ou entre Tom et le reste du monde. On sent que le fameux secret de la lettre, bien que tut depuis toujours, a eu un impact sur la vie de tout ce petit monde et nous n'en pouvons plus d'attendre à le connaître. 

Vous avez donc ici un roman riche en émotion (on passe du rire aux larmes en un clin d'oeil) avec une sacrée réflexion sur la décision du "où et quand je veux mourir", l'écriture est simple mais très belle et vous naviguez constamment entre Australie et Antarctique, avec des paysages à couper le souffle au fil des souvenirs de notre couple mère/fils. 

C'est une lecture vraiment agréable et prenante qui vous laissera tremblotant, nageant dans la nostalgie d'une vie que vous n'avez pourtant pas eu.

Des bisous les loulous ! 
Acheter sur Amazon

samedi 12 septembre 2015

Braderie 2015


La Braderie de Lille, c'est une institution, je ne vais pas vous faire un cours d'histoire (Wikipédia fait ça beaucoup mieux que moi) mais sachez que ça existe depuis trèèèèès longtemps et qu'il y a toujours beauuuucoup de monde, année après année.

Ça fait maintenant 3 ans que je vends des bouquins le dimanche et, malgré le mauvais temps, c'est cette année que j'ai le plus vendu ! Et ça fait vraiment plaisir car mes bouquins sont partis avec des gens qui avaient vraiment l'air content de les acheter (c'est à dire pas trop de grognage sur le prix, en même temps, c'est des livres quasi neufs, je suis assez soigneuse, non mais oh). Hélas, tout n'est pas parti et ces pauvres chéris sont coincés dans des boites ikea. Je vous mets donc la liste à télécharger, si quelqu'un est intéressé, le prix est indiqué dans la colonne tout à droite. Je ne fais pas d'envoi, ce ne serait intéressant pour personne, donc c'est remise en main propre sur Lille :) Envoyez moi un message via le blog (formulaire en bas à droite) ou via la page Facebook (ici) et on voit ce qu'on peut faire. Les livres déjà réservés sont en rouge pour l'instant. Vous pourrez retrouver la liste dans l'onglet Vente en haut, en dessous de la bannière, j'essayerai de l'actualiser au fur et à mesure.

CLIC-CLIC







vendredi 11 septembre 2015

Pitch Perfect 1 & 2


Pitch Perfect 1 (The Hit Girls en frç) - 2012
Pitch Perfect 2 - 2015
J'ai découvert la bande annonce du deuxième opus au ciné (avant les Avengers 2, il me semble) et j'ai frétillé comme une folle toute seule sur mon siège puis est venue l'incompréhension : comment j'ai pu passé à côté du premier ? Comment j'ai pu ne jamais avoir entendu parler de ce machin là ? Ce film
paraissait correspondre tout à fait à ma came habituelle : des gonzesses qui chantent en faisant des trucs drôles. Mais après un premier et un deuxième (et ainsi de suite) visionnage, on se rend bien compte que Pitch Perfect est bien plus que ça.

Le Pitch (du 1er) : Becca débarque à la fac de Barden et est poussé par son prof de père à participer à au moins une activité extra-scolaire (ce qui ne l'enthousiasme pas des masses, préférant reste dans son coin à mixer sur son Mac tout neuf, tout en boudant de façon sexy). Elle s'engage donc avec les Bella's Barden, un groupe de chanteuses à capella (une chorale plus fun, genre Glee mais à la fac) sur le déclin, voire complètement en perdition suite à un accident de vomito sur scène l'année précédente.

Pourquoi c'est bien : On s'attend à un film de filles, avec des chansons mièvres et une jolie histoire d'amour adolescentes et on tombe sur une bonne vieille comédie drôle, vulgaire (mais attention dans un "bon" sens, c'est pas American Pie non plus), avec des grosses vannes inattendues (d'autant plus dans la bouche de jolies filles américaines ^^). On passe du pipi-popo-vomito aux blagues de cul assumées (comment ça, c'est réservé aux mecs, le vomi projetté sur scène ? BEN NON ! C'est tellement inattendu, bien amené et cohérent que ça passe comme une lettre à la poste)(pas comme le déjeuner de la pauvre Aubrey)(pardon) à la répartie dont on rêve tous de Fat Amy:


Les personnages sont vraiment bien foutus, tous plus barges les uns que les autres, Fat Amy en est la plus forte représentante, mais certains cachent bien leur jeu et révèlent au compte goutte leur folie douce. J'ai aussi particulièrement aimé le personnage de Stacie (l'un des seconds rôles), une très belle fille qui assume totalement sa sexualité (oserais-je dire débordante ?) sans qu'aucune sorte de slut shaming lui soit associée, elle aime le sexe, et personne n'y trouve rien à redire (sauf que ses copines doivent parfois l'empêcher de se coller à tout ce qui bouge, ça reste quand même très soft). 


Les chansons sont très bien, plutôt modernes, entraînantes et restent un moment en tête, les chorégraphies sont top, mais ce qui est surtout mémorable, c'est cette amitié entre filles, les vannes continuelles des deux jurés du concours (ben oui, qui dit chorale-glee, dit concours national) avec Elizabeth Banks, Effie Trinket dans Hunger Games (qui a réalisé Pitch Perfect 2 d'ailleurs) (pas Effie, Elizabeth, hein) qui lutte avec un co-animateur misogyne, raciste, homosexuel refoulé mais néanmoins très très très drôle.


(dans Pitch Perfect 2, "us" = Les Etats-Unis)
Et le deuxième, ça donne quoi ? : Alors, forcément, le deuxième est un tout petit peu moins bon (même si ce n'est que mon humble avis et pas celui de la blogosphére apparemment) (ben oui, je fais des recherches) mais le postulat de départ est monstrueux : les Bella ont atteint le sommet de la gloire et dansent et chantent devant le Président Barrack Obama en personne (petite fausse apparition) pour son anniversaire mais problème : le justocorps de Fat Amy se déchire en direct révélant le derrière mais aussi le devant de sa digne personne qui, hélas, ne portait pas de culotte... Et croyez moi, aux États-Unis, montrer sa foufounette au Président peut vite vous envoyer à Guantanamo. C'est donc de nouveau la déchéance pour les Bella qui, pour redorer leur blason, entrent en compétition avec un groupe ALLEMAND, Das Sound Machine, qui balance entre le flippant (c'est des allemands, ils sont grands, forts, beaux, ténébreux, mâchoires en avant et regard qui tue) et le ridicule (des clichés en fait, pauvres allemands) (quoiqu'ils arrivent à garder une certaine virilité en chemise en résille, tout téton et biscoto dehors et en jupette en cuir à volant. C'est très fort). Et bien sûr, comme ils sont allemands, ils sont hyper bien organisés, hyper préparés et hyper techniques. Ce qui fait passer les Bella pour Lorie qui veut se battre contre Metallica. 


Mais rassurez vous, tout va bien se passer, personne n'écrase personne et le final a (PRESQUE) failli m'arracher une petite larmichette (j'ai dit PRESQUE) (big girls don't cry).

En conclusion : Vous aimez rire ? Vous aimez la musique ? Vous aimez les jolies filles et/ou les beaux garçons ? Vous rêvez d'avoir une bande de copines complètement dingos ? CE FILM EST FAIT POUR VOUS ! En plus, si c'est les histoires d'amour qui vous font prendre votre pied, y en a une trop mignonne, si, si. Même que le garçon, il parle de Breakfast Club et qu'il cite le final (c'est l'homme de ma vie) et pis de toute façon, je suis amoureuse d'Anna Kendrick (qui a quand même commencé dans Twillight, comme quoi, on peut s'en sortir) (olala et les beaux yeux bleus de Brittany Snow...)


We're out !
Bisou les loulous !