lundi 29 février 2016

"Tout plutôt qu'être moi" de Ned Vizzini

La Belle Colère - janvier 2016
9782843377594


Ne vous fiez pas à la mignonne petite Sadness, ce livre n'est pas triste mais elle est tellement choupette.
Voilà un livre qui fait beaucoup parler de lui en ce moment sur la blogo et c'est en voyant passer les coups de cœur de My Pretty Books, d'Attractive Area et de Léa Touch Books que je me suis décidée tout en sachant pertinemment que j'allais (pardonnez-moi l'expression) en chier. Et ça n'a pas loupé. Mazette. Pour tout vous dire, je ne m'en suis pas encore remise.
Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent.
Fidèle à sa ligne éditoriale, La Belle Colère nous présente un livre sur les adolescents à destination des adultes et des plus jeunes qui traite d'un sujet difficile, la dépression des jeunes. Nous sommes donc loin d'un roman pour adolescents qui, même si je les aime beaucoup en général, peuvent parfois être un peu light stylistiquement parlant. Par exemple, j'ai beaucoup plus apprécié Dieu Me Déteste qui a la même thématique que Nos Étoiles Contraires, un peu trop ado à mon goût. Ici, nous retrouvons un schéma comparable : Tout plutôt qu'être moi est beaucoup moins tire-larme que Tous Nos Jours Parfaits, qui reprend le même sujet (il est aussi superbement bien écrit). Alors attention, on est ému, bouleversé même, mais j'ai eu l'impression que le "but" final n'est pas du tout similaire, l'un veut plutôt faire pleurer dans les chaumières, le second apporte des solutions, des alternatives et un beau message d'espoir.

Le roman est composé de trois parties : notre héros qui se présente, lui et sa dépression, comment il en est arrivé là et enfin, son séjour en hôpital psychiatrique, avec un jour = un chapitre, montrant ainsi le temps qui passe beaucoup plus lentement qu'en dehors. Craig est particulièrement attachant, gentil, doux, mal dans sa peau mais jamais agaçant, on ne peut s'empêcher de se mettre à sa place, d'avoir pour lui de la peine et de compatir (voire d'avoir envie de lui faire un gros câlin, même si ce n'est pas franchement utile). C'est un bouquin qui prend aux tripes, qui vous retourne littéralement l'estomac, on a envie de voir le personnage (et ses collègues-patients) se reconstruire et enfin vivre mais c'est aussi un livre très dur qui montre la dure réalité de la dépression et permet à ceux qui en souffrent de ne plus avoir honte de cette maladie qui n'est pas moins grave qu'une maladie physique (encore une fois, ce n'est pas parce que ça ne voit pas que ça n'existe pas). De plus, ça fait du bien de voir un héros dépressif qui (attention, je vais dire une énormité mais je vais m'expliquer) "n'a pas de raison de l'être" : dans la plupart des récits sur la dépression, on se rend toujours compte que le personnage a un passé complètement horrible (une famille monstrueuse ou éclatée, des abus sexuels dans l'enfance, sans domicile...etc), ici ce n'est pas le cas, la famille de Craig est hyper sympa, il a des amis, il est dans une bonne école et a des résultats plus qu'honorables, ça remet un peu en place ceux qui n'admettent pas qu'on puisse sembler tout avoir et être tombé dans la dépression tout de même (et cette horrible phrase : "franchement, t'as pas de quoi te plaindre").
5/5

C'est un livre qui fait du bien, émouvant mais drôle, poignant mais sarcastique, tout en coupant le souffle à plusieurs moments, on sent bien que l'auteur sait de quoi il parle (Ned Vizzini s'est malheureusement suicidé à l'âge de 32 ans après avoir lutté pendant des années contre sa propre dépression) et cela le récit d'autant plus douloureux. Craig va me manquer, comme rarement un personnage vous manque, j'ai presque envie d'avoir une suite, comme on prend des nouvelles d'un ami qui ne va pas toujours bien et c'est vraiment difficile de se dire que ce ne sera pas possible, il ne reste plus qu'à imaginer.

Gros gros gros coup de cœur donc, même si j'ai pleuré comme une madeleine.

vendredi 26 février 2016

"Promenez-vous dans les bois" de Ruth Ware

Fleuve Noir - février 2016
9782265099364


Groot, arbres, forêt, bois... Voilà, voilà... On fait avec les moyens du bord, je voulais vous éviter les chats ^^

Celui-ci n'a pas fait long feu dans ma pal et bien m'en a pris !


Nora, écrivain solitaire depuis pas mal d'années, a la surprise de recevoir dans sa boite mail une invitation à l'enterrement de vie de jeune fille de son ex-meilleure amie, Clara. Les deux femmes ne se sont pas adressées la parole depuis dix ans et ne se sont pas vraiment quittées en bon terme. Une fois la surprise passée, Nora cède à la curiosité et accepte l'invitation. Quelque temps plus tard, elle se retrouve en plein milieu d'une forêt, dans une maison entièrement faite de verre transparent, avec seulement une amie et trois personnes qu'elle connaît peu ou pas. Et c'est là que le week-end de l'enfer commence.
Alors soyons d'accord, ce que j'ai décrit comme le week-end de l'enfer ne correspond pas exactement à ce que l'on pourrait retrouver dans un film d'horreur classique (même si le titre du roman le laisse présager), c'est-à-dire qu'ici, pas de slasher, pas de tueur masqué qui va vous dézinguer tout ce petit monde bien tranquillement à coup d'attendrisseur à viande (mais j'aime bien le concept). L'enfer ici, comme dirait notre ami Sartre, c'est les autres (question, le tueur masqué est-il un "autre" ? Mince, ça tombe à l'eau mon affaire...). Nora va se retrouver au cœur de petites querelles mesquines et sournoises, menées de main de maître par tous les participants à l'enterrement de vie de jeune fille de Clara. Et chacun va voir ses petits secrets et ses gros défauts surgir au détour d'une révélation fracassante pendant un jeu d'action/vérité (d'ailleurs, je ne savais pas qu'on jouait encore à ce jeu passé les 16 ans mais passons). Et tout ce bazar va finir en drame, vous vous en doutez.

L'ambiance de ce roman est particulièrement malsaine et vraiment flippante. Rien que le lieu décrit, une maison en verre faisant face à une forêt obscure, me plonge dans une angoisse folle. Et les petites réunions avec des gens inconnus, coupés du monde, sans réseau, sans Wifi (geek alerte), voilà ma propre conception de la damnation éternelle. Parallèlement à cela, nous avons Nora, quelques semaines plus tard, réveillée sur un lit d'hôpital, couverte de blessures, de griffures, de bleus et qui tente de retrouver le pourquoi du comment elle en est arrivée là. Ce qui, on est d'accord, ne laisse rien présager de bon pour les joyeux drilles en question. L'écriture est fluide et permet d'alterner passé et présent agréablement et encourage le lecteur à tourner les pages de façon compulsive.

Franchement, j'ai flippé. Ce roman regroupe pas mal de mes petites phobies personnelles et ça a dû jouer pas mal là-dessus (salut, je suis plutôt névrosée) et j'ai adoré me faire mener en bateau. Par contre, il faut avouer que quelques trucs m'ont agacée, je n'ai pas toujours compris les réactions des personnages, certains auraient clairement mérité une bonne baffe dans la face. Je comprends tout à fait que l'on nous présente une héroïne qui a une tendance démesurée à s'écraser mais parfois, c'était trop. L'une des révélations arrive aussi trop tôt dans le roman (vers le tiers final) et l’intérêt retombe comme un soufflet, la fin est sympathique mais le malaise du début, qui est clairement le point fort de l'histoire, est plutôt laissé de côté.
4/5

Vous l'aurez compris, ce n'est pas un coup de cœur mais nous n'en sommes pas loin, ce fut une super lecture, angoissante à souhait, originale et efficace mais qui souffre de quelques petits défauts (ils ne gâchent tout de même pas l'expérience). Néanmoins, je vous la conseille vivement, c'est à lire en hiver, avec la pluie qui claque contre votre fenêtre, protégé par un plaid et les portes de chez vous bien fermées à clef (d'ailleurs, vous avez vérifié si elles étaient bien fermées ?). C'est un premier roman et je crois que la dame est à suivre !

lundi 22 février 2016

"Des Petites Filles Modèles..." de Romain Slocombe

Belfond - janvier 2016
9782714460493


Merci à Babelio et aux Editions Belfond !

J'ai un problème avec les Masses Critiques de Babelio. Ou alors, appelons ça plutôt une sorte de poisse engendrée par ma maladie chronique du "je clique sur tout ce qui bouge". Pour faire court, j'essaye toujours de me limiter à un ou deux ouvrages que je veux vraiment, c'est-à-dire que j’achèterai sans hésiter si je n'étais pas sélectionnée, MAIS je décide toujours, au dernier moment, de choisir d'autres bouquins juste sur la base de "oh mais ça peut sympa ce machin-là". Et, je vous le donne en mille, c'est toujours celui que je reçois. Rien de bien grave, j'en conviens mais mon instinct littéraire me trompe plutôt rarement et ce sont donc souvent des ouvrages qui ne me font pas vraiment envie et qui, au final, ne me plaisent pas. Et ce fut hélas le cas pour ce pauvre petit livre, fort joli au demeurant.

Une fois n'est pas coutume, je vous colle tel quel le résumé proposé par l'éditeur en quatrième de couv pour que vous compreniez bien ce qu'on nous vend.
En 1858, la Comtesse de Ségur présente Les Petites Filles modèles comme la suite des Malheurs de Sophie, et ces deux livres figurent depuis lors au cœur du répertoire classique de la littérature française pour la jeunesse. Portraits d'enfants bien nés saisis au moment où ils s'interrogent sur le bien et le mal, tableaux d'un milieu social où ne cesse de se poser la question des normes et des limites, les petites filles doivent y être " modèles " en vertu d'un idéal de comportement. Mais l'atteindre n'est pas si simple ! Et l'on a amplement pointé, au-delà des récits en apparence innocents et inoffensifs de la Comtesse de Ségur, les bourgeons de l'ambiguïté. Dans son remake, Romain Slocombe les fait éclore : ses petites filles modèles deviennent les héroïnes d'un conte inquiétant et pervers, érotique et vampirique. Comme si la comtesse de Ségur avait retiré la sourdine pour écrire un roman destiné à des enfants plus âgés, laissant libre cours à la progression de la cruauté. Comme si elle avait quelquefois rêvé d'être Sade, non plus Comtesse mais Marquise...
La collection Remake de Belfond a pour vocation de reprendre des œuvres bien implantées dans l'imaginaire et la culture collective pour les retravailler sous le regard d'un ou plusieurs auteurs (j'ai lu les Contes de Perrault, plusieurs nouvelles de différents auteurs dans cette même collection et c'était brillant !) et ici, Romain Slocombe s'attaque à un autre genre de monument : La Comtesse de Ségur. Il faut savoir que j'entretiens avec la dame une relation assez ambivalente (comme ma mère avant moi d'ailleurs), je me souviens avoir adoré, étant enfant, les péripéties et les malheurs de cette pauvre Sophie qui avait l'air de s'emmerder fortement et qui n'avait de cesse de faire le plus de bêtises réalisables en une vie pour passer le temps (il n'est pas impossible que je me sois identifiée pas mal...). Puis, en grandissant et au fil de mes relectures, j'ai commencé à noter et à comprendre de plus en plus de choses comme ce discours religieux et moralisateur dominant ou les horreurs commises par les enfants sur les animaux (il y a quand même un épisode où, Sophie s'emmerdant encore plus que d'habitude, décide de couper son poisson rouge en petits morceaux, sans doute pour préparer une sole meunière, je ne sais plus)(grand trauma). J'ai donc commencé à détester cordialement ces petites filles prétendument modèles qui me présentaient un idéal à suivre totalement à côté de la plaque (j'ai pleuré quand mon poisson rouge est mort, moi !). C'est pourquoi j'étais plus que ravie de découvrir tout de même ce petit roman où ces demoiselles allaient enfin en prendre pour leur grade (parce qu'une fessée de temps en temps, lorsqu'on mérite presque l'asile, ça me parait léger). 

Mais quelle déception ! Si l'auteur suit parfaitement le schéma mis en place par la Comtesse (je visualise Lady Gaga maintenant, merci American Horror Story), l'histoire prend rapidement un aspect inquiétant, plus proche du roman gothique classique que du roman initiatique au sadisme à peine caché qu'est l'oeuvre originale. Et notre réécriture tourne alors bien vite au grand guignol où l'érotisme lesbien se mêle au vampirisme sans que le côté sulfureux promis en quatrième de couverture (lorsqu'on se compare à Sade, il faut mettre le paquet !) soit remplacé par de nombreuses allusions sensuelles et sexuelles que l'on retrouve régulièrement dans les nouveaux romans érotiques (tout le monde rougit, s'embrase et a la culotte qui chatouille dès que les regards se croisent, c'est compréhensible au début mais devient bien vite risible) et par, finalement, de biens chastes caresses au cours d'une bucolique promenade. Selon moi et selon les souvenirs que j'ai de l'oeuvre originale, la cruauté et le sadisme y étaient beaucoup plus présents, quoique plus sournois que dans ce "remake" qui se veut pourtant violent et dérangeant. C'est vraiment dommage. 

Toutefois, sans être franchement une réussite, ce roman a eu le mérite de bien me faire rire. Nous suivons l'intrigue à travers les yeux de Marguerite, que l'on peut aisément surnommé "Mademoiselle Cruche de service" (sans doute la faute à son éducation, pauvre mémère) et il n'est pas peu dire que la demoiselle n'est pas douée et a un côté "religieux", fanatique tellement poussé qu'elle en est irrémédiablement ridicule. L'écriture et le style sont plutôt agréables à lire, on y retrouve ce qui est devenu la signature de La Comtesse de Ségur, les dialogues précédés du nom du personnage et les tournures de phrases très ampoulées. Le roman est plein d'érudition, comme si on avait cherché à nous montrer les multiples connaissances à avoir autour du roman gothique et/ou érotique, c'est savant mais au bout de la troisième liste, ça devient rébarbatif et j'ai sauté allègrement quelques passages (si je veux lire une bibliographie, je n'ouvre pas un roman...).

2/5
Broco est perplexe et
Broco a pas compris...


Pour finir, parce que je me rends bien compte que j'ai été beaucoup trop bavarde, c'est un roman qui se lit facilement et rapidement mais qui n'apporte pas grand-chose à l'oeuvre originale (d'ailleurs, je pense qu'il vaut mieux la connaître plutôt bien pour comprendre les enjeux de ce texte), l'auteur aurait pu aller beaucoup plus loin dans la perversité des demoiselles et dames qui peuplent l'univers de Ségur, cela reste ici trop superficiel et finalement, mou et long. 


Bonus !




J'ai trouvé cette petite bd de 1982 librement inspirée du même roman, à grande vocation érotique (éloignez-vous si vous n'êtes pas majeur !) durant mes recherches pour cet article et ça m'a bien fait rire, je me devais de vous la partager. Voilà donc l'oeuvre de Georges Levis aux éditions Dominique Leroy (j'ai l'impression que ces messieurs sont pas mal émoustillés par ce genre d'histoire...). Vous pouvez retrouver plus de détails sur le site de BDGest.



Nous sommes loin de Martine qui montre sa culotte en faisant de la balançoire, non ? Et admirez les petits regards pervers des deux demoiselles en deuxième plan, ça fait franchement froid dans le dos ! 




Les histoires de fessées prennent aussi une toute autre dimension. L'innocente que je suis n'avait aucune idée de tout le matériel érotique et pornographique qui s'était créé autour des Petites Filles Modèles, la pieuse Comtesse de Ségur doit se retourner dans sa tombe, la pauvre... (ou alors, elle se marre bien la coquine !)(pardon).


vendredi 19 février 2016

"The Rook" de Daniel O'Malley

Super 8 - mai 2014
9782370560049


Je ne sais pas ce qu'ont mes chats en ce moment mais ils se laissent prendre en photo tranquillou, vous pensez que je dois aller consulter ? Cette affaire m'inquiète ^^ (ou alors, leur vengeance va être terrible...)

The Rook Au Service Surnaturel de sa Majesté a été le premier roman des éditions Super 8 à rejoindre ma bibliothèque puis d'autres ont fait leur apparition, je les ai lu en premier (Déchirés et Chambre 507 de mémoire) et malheureusement, ce furent des déceptions. Ce qui explique sans doute pourquoi j'ai honteusement laissé celui-ci de côté si longtemps. Mais après moult encouragements de mes collègues Cheshire et Totoro (quelle belle équipe !), j'ai finalement décidé de me lancer courageusement dans ce gros pavé et comme souvent dans ces cas-là, j'ai été dévoré par les remords de ne pas l'avoir lu avant ! (comment ça, j'en fais trop ?)
Victime d’une agression, Myfanwy Thomas reprend conscience dans un parc de Londres. Autour d’elle, des hommes en costume portant des gants de latex. Tous sont morts. Situation peu réjouissante, certes, mais il y a pire : Myfanwy ne se souvient plus de rien. Le plus surprenant, c’est qu’elle semble avoir prévu cette amnésie. Elle a sur elle une lettre écrite de sa main lui expliquant qui elle est et ce qu’elle doit faire pour découvrir qui veut l’éliminer. C’est ainsi que Myfawny rejoint le siège de la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais où elle occupe un poste élevé, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, la jeune femme va rapidement se retrouver seule, cherchant son chemin dans un univers d’ombres et de menaces. À présent, il va lui falloir lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables.
Autant être claire dès le début, j'ai tout simplement surkiffé (n'ayons pas peur des mots) ce bouquin, ça faisait bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi travaillé, d'aussi original et d'aussi addictif depuis bien longtemps ! Rien que le début de l'histoire sort de l'ordinaire puisqu'on commence à la fois avec un personnage qui connaît tout sur ce monde dans lequel nous pénétrons et un autre qui, comme nous, débarque complètement et a bien du mal à comprendre ce qui lui arrive. Le "truc" tient dans le fait que ces deux personnages ne font qu'un : Myfanwy Thomas a perdu la mémoire et, à l'ouverture du roman, est vierge de tout souvenir et découvre en même temps que nous, grâce à des lettres de l'ancienne Myfanwy Thomas (qui avait plus ou moins anticipé sa perte de mémoire) le fameux monde de la Checquy, société secrète destinée à protéger les citoyens britanniques de certaines menaces surnaturelles. Cette fameuse société, dans laquelle notre héroïne tient le rôle important de Tour (comme son nom l'indique, la société reprend les codes du jeu d'échecs avec des pions en bas de l'échelle, des fous, un roi et une reine, renommés Lord et Lady ici pour ne pas froisser cette brave Elisabeth), est au cœur de l'histoire puisque l'une des intrigues principales va être de démasquer le traître, sans doute le même qui est responsable de la perte de mémoire de Myfanwy. Notre héroïne va donc y pénétrer et tenter de faire le même excellent boulot d'avant son amnésie et croyez-moi, ça va être cocasse ! A cela va s'ajouter plusieurs intrigues supplémentaires comme la recherche de son passé, la maîtrise de son pouvoir (les X-Men n'ont qu'à bien se tenir, les pouvoirs décrits ici par David O'Malley sont d'une originalité sans égale mais je vous laisse les découvrir !) et la découverte de toutes les créatures plus ou moins flippantes qui composent ce monde parallèle au nôtre. 

Ce roman est une petite perle d'originalité, je viens de commencer la nouvelle saison d'X-Files qui me parait bien fade à côté, la cadence est infernale, on ne s'ennuie pas une seule seconde. L'humour et l'ironie sont très présents, subtils comme seul l'humour anglais peut l'être, et permet de faire contrepoids avec l'action constante et le rythme endiablé du roman. Les personnages sont attachants (Myfanwy, la nouvelle, qui se débat comme elle peut, Myfanwy, l'ancienne, bureaucrate craintive, efficace mais fragile, Ingrid qui est d'un flegme à toute épreuve) et terrifiants (Gestalt) et ont tous une personnalité et une présence bien développée et bien construite. Le tout, malgré toutes les bizarreries décrites, est très cohérent et crédible tant l'écriture est maîtrisée. Il y a maintenant au Royaume-Uni, non seulement Doctor Who, Torchwood, James Bond mais aussi la Tour Thomas et la Checquy pour assurer la sécurité des Anglais. Je suis totalement jalouse, c'est pas juste.

5/5

Vous l'aurez donc compris, c'est un immense coup de cœur pour ce roman différent et passionnant ! C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas le succès qu'il mérite et je vous invite à le découvrir le plus vite possible, ne faites pas comme moi en le laissant de côté, ce serait vraiment idiot ! Pour les cinéphiles, je lui ai parfois trouvé une ressemblance avec le film Kingsman (dans l'humour surtout) que je vous conseille fortement si vous le connaissez pas. Jetez-vous dessus, je suis à court d'arguments :)



Voici les liens des chroniques dithyrambiques de mes copinautes
celles qui m'ont convaincu de ne pas laisser moisir ce bouquin plus longtemps :

mercredi 17 février 2016

Passage en Librairie #4 - Divers

"On" me réclame Monsieur Patate à cor et à cri... Voilà donc la bête rien que pour vous, mesdames (et messieurs ?). Attention, il ne faut pas en abuser, trop de Monsieur Patate peut engendrer une dépendance grave et une sévère dépression dû au manque. Et c'est moche, les addictions. (c'était la minute "Santé Publique" du Brocoli de Merlin, en vous remerciant).
Je ne vous propose pas beaucoup de chroniques en ce moment et j'en suis vraiment désolée, j'ai un peu de mal à avancer dans mes lectures, pas mal de bricoles se bousculent dans ma petite tête et mon cerveau est tout embouteillé (genre là, j'ai faim mais l'heure du dîner est encore loin et c'est très problématique). Du coup, je triche (juste un peu) et vous propose un PETIT book haul... Bon, en fait, je triche beaucoup parce qu'il s'agit juste d'une sélection, j'ai complètement craqué le slip (et mon compte bancaire) en janvier mais je compte sur vous pour ne pas le répéter...

Donc sans transition, messieurs-dames, commençons...


  • Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ? de Roz Chast - Gallimard - 9782070668441 - octobre 2015 : plusieurs personnes m'ont vanté cette bande dessinée/roman graphique et je l'ai à peine feuilleté qu'il me la fallait. Le sujet semble difficile : l'auteure/la narratrice doit pénétrer dans l'intimité de ces parents afin de les aider (parce que c'est moche de vieillir...) et à ses questions sur "l'après", elle n'obtient que cette réponse évasive "pourrait-on parler d'autre chose ?' qui sert d'incantation "repousse-mort" pour le vieux couple... Nous sommes donc en plein dans le récit de cette cohabitation, douloureuse pour les deux parties. En ouvrant le livre, on observe tout de suite une grande variété entre les différentes planches et c'est quelque chose que j'adore et qui m'attire tout de suite beaucoup... Par contre, c'est une bd qu'il faut vraiment prendre le temps de lire, on est loin du 48 pages classiques.
Pardon pour les photos moches mais, voilà (je ne trouve pas d'excuses en fait...)

  • En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut - Finitudes - 9782363390639 - janvier 2016 : Un petit roman qui ne paye pas de mine d'une toute petite maison d'édition, acheté sur un coup de tête suite à cet article du Point (et leur comparaison avec Boris Vian m'a achevé, même si j'ai très peu de souvenirs du monsieur). 
Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c'est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom.

Ça ressemble à une histoire de mère folle et j'aime bien les histoires de mère folle (de père fou aussi, souvenez-vous de Profession du Père !). Et la couverture est jolie, ce qui ne gâche rien. On verra bien ce que ça donne, il est dans ma pile prioritaire.


  • Aeternia T.1 La Marche du Prophète de Gabriel Katz - Scrineo - 9782367402079 - janvier 2015 : J'ai repéré ce titre fantasy sur le blog de Saefiel et plus particulièrement dans son top 3 de l'année 2015. Ne lisant que très peu de fantasy dite "adulte" (à mon grand regret d'ailleurs), je me suis dit que c'était l'occasion et que, si ça ne me plaisait pas, ça ferait toujours un heureux (pas vrai, voisin de canapé ?). Je vous invite à jeter un œil à sa chronique dithyrambique si vous voulez en savoir plus !



  • Promenez-vous dans les bois de Ruth Ware - Fleuve Noir - 9782265099364 - février 2016 : Une petite nouveauté thriller chez Fleuve Noir, généralement, ça le fait plutôt bien. 
" Objet : Enterrement de vie de jeune fille de Clare !!! " Clare... Voilà dix ans que Nora n'a plus prononcé ce prénom, soudainement apparu dans un mail collectif. Oubliée ? Non. Comment le pourrait-elle ? Elles étaient les meilleures amies du monde. Du moins jusqu'au lycée où... Bref, la question n'est pas là. Pourquoi l'inviter une décennie plus tard à son enterrement de vie de jeune fille ? Mieux : pourquoi s'y rendre ? Pourtant, Nora accepte. Direction : une grande maison de verre, perdue dans la forêt sombre du nord de l'Angleterre. Drôle d'endroit pour une fête entre copines. Est-ce vraiment une fête, d'ailleurs ? Personne ne semble se réjouir d'être là. Le fusil accroché aux murs n'incite pas vraiment aux shots de tequila. Ni les pas dans la neige, dehors... Ni les jeux poussifs, ni les aveux malsains. Car quelqu'un, parmi eux, a lancé un étrange " Action ou Vérité "... La vérité ? Un mensonge. L'action ? Un meurtre.

La quatrième de couverture (et le titre) me fait espérer un huis clos en forêt, le truc qui m'angoisse depuis le Petit Chaperon Rouge et j'aime lire des trucs qui m'angoissent. Sisisisi, ça donne l'impression qu'on lutte contre ses peurs alors qu'en fait, PAS DU TOUT ! Mais ne le dites pas à mon subconscient, il n'est pas au courant, il se croit courageux. Ah oui, je ne vous ai pas dit mais le livre, il brille ! Et ça, c'est joli (mon subconscient est superficiel)(mon conscient aussi d'ailleurs...).


  • Alive T.1 de Scott Sigler - Lumen - 9782371020696 - février 2016 : Faut-il encore que je vous répète à quel point je suis "tombée en amour" pour cette maison d'édition ? Depuis décembre et ma découverte du Book Of Ivy, je me jette (honteusement) sur toutes leurs publications et celui-ci n'échappe pas à la règle.
" J'ouvre les yeux dans le noir. Le noir total. J'entends ma propre respiration, mais rien d'autre. Je soulève la tête – elle bute sur une surface solide, qui ne bouge pas d'un pouce. Il y a un mur juste devant mon visage. Non, pas un mur... un couvercle. " Em se réveille dans le noir, seule, entravée, dans un espace confiné qui ressemble à un sarcophage. C'est le jour de son anniversaire, elle a douze ans et... c'est tout. Elle ne se rappelle pas comment elle s'appelle, ce qu'elle a fait la veille ou à quoi ressemble le visage de ses parents. Elle ne comprend pas du tout ce qui se passe. Lorsqu'elle parvient, à force de volonté, à se libérer de ce piège, elle découvre, autour d'elle, onze autres cercueils, dont certains occupants sont toujours en vie. Une initiale et un nom de famille sont gravés sur chaque sarcophage. La jeune fille prend la tête du petit groupe d'adolescents – ils ont en fait tous dix-sept ans – et découvre un labyrinthe de couloirs poussiéreux, constellés par endroits d'ossements. Sont-ils sous terre ? Y a-t-il d'autres survivants ? Comment trouver eau et nourriture ? Et surtout, qui sont-ils, quels sont ces étranges symboles qui marquent leur front, et comment sont-ils arrivés là ? Le nouveau thriller fantastique de Scott Sigler prend le lecteur à la gorge dès la première ligne. Rivalités de jeunes héros complètement amnésiques, poids oppressant du piège où ils se trouvent enfermés, sans moyens, à première vue, de survivre, enjeux plus grands qu'eux qui se jouent sans qu'ils le sachent : un auteur à la maestria reconnue, régulièrement classé dans les listes des meilleures ventes du New York Times, tisse un suspense impitoyable, à mi-chemin entre Le labyrinthe et Sa Majesté des mouches.

(ce résumé est beaucoup trop long, c'est n'importe quoi) Alors, soyons honnêtes, je trouve qu'ils nous ont habitués à des couvertures beaucoup plus travaillées, mais personne n'est pas parfait. Je suis, pour l'instant, moyennement convaincue par le résumé (cette fille est folle, elle achète des livres sans que le résumé lui plaise) et par la référence au Labyrinthe (que je n'ai pas aimé plus que ça)(par contre, Sa Majesté des Mouches... La claque de mon enfance... A côté du Club des 5, c'était quand même autre chose !). Néanmoins, je fais toute confiance à Lumen pour me séduire une fois de plus (mais je n'hésiterai pas à râler si ce n'est pas le cas alors, gaffe !) C'est sans doute ma prochaine lecture, après un sp qui ne m'emballe pas des masses...

[ÉDIT : bon, je viens de terminer le fameux sp et justement, fameux, ça ne l'est pas... Bref. Je vous en reparle bientôt et là, contrairement à ce qui a été annoncé, j’enchaîne avec Promenez-vous dans les bois]

See you bientôt !

Des bisous :)

    vendredi 12 février 2016

    "Te Laisser Partir" de Clare Mackintosh

    Marabout - Février 2016
    9782501096331

    Voilà une photo à la limite du racolage mais pour une fois qu'il pose... 
    Merci à Babelio et aux éditions Marabout pour l'envoi de ce livre.

    Voilà un livre sur lequel je ne me serais sans doute pas arrêtée si on ne me l'avait pas envoyé. J'ai tendance à juger un livre non seulement à sa couverture mais aussi à son éditeur, et un thriller chez Marabout, ça envoie pas forcement du rêve de sang ou de meurtres (j'ai des rêves chelou, on est d'accord) comme peut le faire Sonatine par exemple (Marabout pour moi, c'est surtout une quantité impressionnante de petits livres de cuisine...)(et qui a peur d'un Mug Cake ?). Et effectivement, nous sommes ici à la limite du roman féminin assumé et du téléfilm de l'aprem sur M6. Mais pourquoi pas finalement ?


    Ça raconte quoi ?

    L'histoire s'ouvre sur une scène terrible : un petit garçon, Jacob, échappe quelques instants à la vigilance de sa mère et se fait violemment renverser par un chauffard qui profite du choc de la pauvre femme pour s'enfuir. Pendant plusieurs mois, la police enquêtera sur cette malheureuse affaire, sans parvenir à trouver le moindre indice, mais le capitaine en charge, Ray, et sa nouvelle recrue, Kate, ne lâcheront rien. En parallèle, nous suivons Jenna, jeune femme bouleversée par l'accident, qui part le plus loin possible pour échapper à son chagrin et tenter de se reconstruire.


    Et qu'est-ce que ça donne ?

    Ce roman est assez difficile à cerner. Passé le drame du tout premier chapitre, l'histoire est lente, à l'image de cette enquête qui n'avance pas et nous entrons alors plus profondément dans le quotidien et dans la vie privée des deux policiers, mais aussi, parallèlement, dans celle de Jenna. Difficile de savoir alors où l'auteure veut en venir, difficile de comprendre qui est le héros ou l’héroïne et difficile de saisir l’intérêt de décrire certains éléments sans aucun rapport avec l'enquête en cours. Le roman passe alors presque dans la catégorie "chick-litt" avec une histoire d'amour que l'on voit arriver à dix kilomètres et une héroïne brisée qui s'échappe dans un cadre de rêve et monte une petite entreprise florissante en deux temps trois mouvements. Je vous avoue qu'à ce moment-là, je pensais bien ne pas continuer ma lecture parce qu'en flirtant avec tant de genres littéraires à la fois, j'avais l'impression que l'auteure n'allait en réussir aucun.

    Puis, la première partie se termine, la deuxième commence et boum, petite (grosse) révélation, nouveau personnage qui entre en scène, alternance passé/présent et là, tout à coup, le bouquin est passé comme une lettre à la Poste. Les révélations sont nombreuses, les péripéties et retournements de situation sont plutôt surprenants et j'ai clairement passé un bon moment. Comprenez-moi bien, ce n'est pas le thriller psychologique de l'année mais, comme un bon téléfilm, ça se laisse lire et on oublie facilement son quotidien pendant quelques heures de lecture. Le style est simple et agréable, sans trop de fioritures mais il reste parfois un peu trop léger. Pourtant, on se laisse prendre au jeu en suivant le quotidien de tout ce petit monde qui reste tout à fait crédible. Les personnages sonnent justes, les flics ne sont pas des héros qui arrivent à te résoudre une enquête en quarante minutes chrono (coucou Les Experts) et leurs difficultés (et ce qu'elles engendrent) sont bien décrites, on y croit vraiment. Il est d'ailleurs dommage qu'une énième révélation, cette fois trop tirée par les cheveux, gâche ce réalisme ambiant à la fin de l'histoire, il y a juste un moment où trop c'est trop et là, j'ai eu du mal à croire qu'elle était nécessaire, il m'a semblé que l'auteure a cherché LE truc qui horrifiera vraiment le lecteur et l'a rajouté juste pour pouvoir dire "je fais du thriller sombre, moi !".


    En gros : 

    3/5

    Pas un coup de cœur donc, mais une lecture sympathique qui n'arrive pas vraiment à se positionner dans un genre en particulier et qui plaira donc sans doute à un grand nombre. Une intrigue prenante avec des personnages attachants et une auteure qui s'amuse à nous mener en bateau et qui nous entraîne à croire tout un tas de bêtises avant de nous sortir un gros lapin de son petit chapeau ! C'est un thriller psychologique assez "simple", sans prise de tête à se garder pour les vacances, sur la plage, au soleil par exemple (comment ça, ça se voit que j'en peux plus de l'hiver ?).

    tous les livres sur Babelio.com

    lundi 8 février 2016

    Trois Livres #5


    Point de publicité mensongère ici. Le troisième livre dont je vais vous parler n'est plus en ma possession parce que je suis une vilaine fille et que comme il ne m'a PAS DU TOUT plu, je l'ai directement rendu à qui de droit (le magasin)... Et comme le suspense est insoutenable, ça va être le premier dont je vais vous parler (voyez comme je vous aime mes chatons !).

    *********

    Histoire de la Violence
    d'Edouard Louis
    Seuil - janvier 2016
    9782021177787

    Je ne sais plus si j'en ai déjà parlé ici (y a des chances vu le nombre de fois où je radote) mais tant pis, on en remet une petite dose : j'avais lu et adoré le premier ouvrage d'Edouard Louis En Finir Avec Eddy Bellegueule, une sombre histoire de famille se passant pas loin de chez moi, bourrée d'homophobie, de violence et d'un tas de sentiments qui m'avait laissée essoufflée et pantoise à la fin de ma lecture. C'est donc avec un plaisir évident que j'attendais la sortie de son petit deuxième.

    Et là, c'est le drame (musique effrayante).

    Edouard Louis continue ici sur sa lancée et traite d'un nouveau morceau de sa propre vie (en y rajoutant sans doute des éléments de fiction, c'est ça la littérature). Reda, jeune homme entreprenant rencontré dans la rue le soir de Noël, va le séduire puis l'agresser et le violer. C'est en écoutant sa sœur raconter à son mari ce qui lui est arrivé que le jeune homme va tenter de se reconstruire et d'avancer.
    1/5
    Grosse déception...
    Pas content.
    Du tout.

    Je vais être totalement honnête avec vous (comme d'hab, j'ai envie de dire), ce roman fut une terrible et totale déception, je ne l'ai pas abandonné car il est très court mais j'ai passé 1h30 à râler, à me forcer et à compter les pages avant la fin. Et je me suis empressée de m'en débarrasser dès le lendemain (rassurez-vous, aucun livre n'a été maltraité durant cette procédure). Que vous dire ? Le principal problème que j'ai rencontré, c'est cette alternance entre le discours de la sœur, très (trop) oral, très (trop) familier et les interventions d’Édouard, plus soutenues. J'ai trouvé le style vraiment trop courant, avec une sensation de lire du langage sms, dans sa formulation, j'ai dû relire certaines phrases plusieurs fois, et même à voix haute pour en comprendre le sens. Sur 203 pages, c'est vraiment très long. Et pénible. Et franchement, si j'ai envie d'écouter des gens parler comme ça, je n'ai qu'à prendre le métro. Des éléments m'ont aussi gêné, notamment l'impression que notre narrateur cherchait des excuses à son violeur (WTF ??!) ce qui m'a semblé presque dangereux. Enfin, si on ne peut pas lui reprocher de tomber dans le pathos ou le larmoyant, j'ai trouvé certaines scènes trop "cliniques", trop journalistiques et pas très bien écrites... Bref, vous l'aurez compris, Valentine, elle a pas aimé du tout (je parle de moi à la troisième personne quand je suis vraiment furax). Et j'y réfléchirai à deux fois avant de me procurer son ouvrage suivant.

    Bonne joueuse, je vous propose de lire la chronique très positive d'Échappée Littéraire :)

    *********

    Dysfonctionnelle
    d'Axl Cendres
    Sarbacane - octobre 2015
    9782848658186
    Ça commence à faire maintenant quelques années que la collection Xprim de la maison d'édition Sarbacane nous pond régulièrement pépite sur pépite et ce roman, Dysfonctionnelle d'Axl Cendres, rentre tout à fait dans cette catégorie !

    Dysfonctionnelle, c'est ainsi que Fidèle, héroïne de notre histoire, décrit sa famille. Son père tient un bar mais fréquente assidûment la prison du coin, sa mère, traumatisée par les camps de concentration, tombe souvent dans de profondes dépressions, à l'idée que la chose puisse se reproduire et le reste de la fratrie (6 frères et sœurs tout de même !) a une personnalité proche du prénom farfelu qu'il ou elle porte.

    C'est Fidèle (ou Fifi pour les intimes)(Fifi Brindacier !! Bon sang, je viens de percuter...) qui nous raconte toutes les petites anecdotes, plus ou moins drôles, plus ou moins terribles, plus ou moins tristes de cette famille pas du tout ordinaire. Je me suis rarement autant attachée à un personnage de Young Adult Contemporain (la dernière fois doit dater de Le Monde De Charlie de Stephen Chobsky), elle est amusante, fière et forte, intelligente, sarcastique et d'une loyauté sans égal envers sa famille. Elle la soutient, la défend et, même lorsqu'elle intègre une école plutôt privilégiée grâce à sa mémoire photographique, elle n'en a jamais honte.
    5/5

    C'est un roman qui peut être lu par n'importe qui, adulte ou ado, peu importe, c'est avant tout une histoire de famille, une histoire fluide qui alterne entre l'enfance de Fidèle, son adolescence et son âge adulte, une histoire qui prend aux tripes, qui fait rire et qui émeut. L'histoire d'amour de Fidèle est absolument bien écrite, bien pensée, c'est une relation homosexuelle mais qui n'est jamais vécue comme problématique, que ce soit par Fidèle ou par son entourage et, c'est très surprenant et surtout très plaisant dans la littérature d'aujourd'hui. D'autres thèmes forts sont aussi traités avec brio, que ce soit la pauvreté, les différences, la guerre, l'intégration, etc... Dysfonctionnelle m'a vraiment prise par surprise, je l'ai adoré, j'en ai redemandé et j'ai détesté le terminer. Il rejoint sans aucun doute Le Monde de Charlie au panthéon de mes lectures favorites et je le relirai sans hésitation ! Gros coup de cœur donc (pour ceux qui ne suivent pas ^^).

    *********

    L'Île Mystérieuse
    de Jules Verne
    Livre de Poche - 1ère parution : 1874
    9782253160861
    Troisième lecture avec le Club de Lecture de Mango & Salt (et oui, je suis méga en retard puisque c'était celle de janvier). Nous sommes cette fois-ci partis sur un roman plus classique avec L'île Mystérieuse de Jules Verne, l'un des rares de l'auteur que je n'avais pas lu. Et c'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai redécouvert, je revois encore mon papi me lire Le Tour du Monde en 80 jours...

    Pendant la guerre de Sécession, cinq Américains décident de fuir en ballon. Loin de se passer comme prévu, les voyageurs sont pris dans une tempête et finissent par échouer sur une île à première vue déserte. Ils mettent alors tout en oeuvre pour survivre et pour préparer leur vie.

    3/5
    Alors... Oui, j'ai bien aimé. Mais non, ce n'est pas mon préféré. Drôle de lecture à vrai dire. Le gros point négatif, c'est la quantité de description scientifique qui court tout au long des (quand même !) quelques 800 pages. Tout ce que font les cinq personnages, construire un four, des poulies, des escaliers, un télégramme, est détaillé, paragraphe après paragraphe, avec la minutie d'un guide de construction Ikea. La prochaine fois qu'on me demande ce que je veux emporter sur une île déserte, je réponds que je prends ce livre, c'est un vrai manuel de boy scout. Même si j'ai pas tout compris. Sans doute parce que je les ai souvent sautés ces paragraphes, parce qu'après le quatrième, ça commence un peu à gonfler. MAIS ! Mis à part ces descriptions, que l'on peut vraiment passer sans aucun problème de compréhension pour le récit, le sort des cinq personnages est très vite pris à cœur. On s’inquiète pour eux, on a envie de savoir le pourquoi du comment, s'ils vont s'en sortir et à quoi sont dus les mystérieux événements qui ponctuent la narration. Certains passages m'ont rappelé la série Lost, et les énigmes créées sont très prenantes et intrigantes. Bon, par contre, la conclusion et la révélation m'ont un tant soit peu déçue, ce qui n'a pas pour autant gâché le voyage ! Autre bémol sur la déification du personnage Cyrus Smith, l'ingénieur du groupe. Si l'on sent clairement que Jules Verne a voulu montrer ici l'importance et la supériorité de la science, ça frise parfois le ridicule.

    J'ai l'impression d'être un petit peu dure avec ce roman qui m'a tout de même permis de passer un bon moment, malgré tous les points négatifs que j'ai soulevés, c'est un bon récit d'aventures comme on en voit peu (ou plus) et je ne regrette pas du tout de m'y être plongée. J'en relirai un autre sans aucun doute à l'occasion.

    ******************

    Trois lectures bien différentes, une en demi-teinte, un coup de cœur et une grosse déception. Voilà, on s'en sort pas si mal, non ? :) Vous les connaissez ? Si quelqu'un d'autre a aimé Histoire de la Violence, je serai vraiment curieuse de connaître son avis ! 

    Des bisous les brocos !

    mercredi 3 février 2016

    Bilan #6 Janvier 2016


    Une fois n'est pas coutume, je vous sors aujourd'hui un refrain différent des autres bilans : le mois de janvier a été d'une lenteur/longueur/chiantitude, bref collez-y ce que vous voulez, je suis bien contente qu'il soit enfin terminé. Entre mon anniversaire (beurk) et d'autres bricoles pas marrantes, ça commençait à me courir sévère sur le haricot. Bref, tout est normalement maintenant fini et on va essayer de redémarrer du bon pied (c'est pas gagné)(vous la voyez ma nature pessimiste, là ?)(j'ai beaucoup de mal à me soigner là-dessus).

    Déprime oblige, beaucoup de lectures (et d'achats aussi mais chut !) ce mois-ci. Et parce que j'ai envie de changer, on va commencer par les mauvaises surprises pour finir sur du bon coup de cœur qui tient chaud la nuit (optimisme !!)(je vais finir par passer pour Caliméro ici...)

    *********

    C'est une déception

    J'ai retrouvé notre ami Edouard Louis avec bonheur pour ensuite tomber de bien haut avec son Histoire de la Violence. Une véritable déconvenue que je vous expliquerai plus en détail dans un prochain "Trois Livres". La pharmacie littéraire de La Lettre Oubliée de Nina George m'a, malgré un très bon départ, complètement perdu en route. Je l'ai lu dans le cadre du PrettyBook Club et je vous avoue que je n'ai pas du tout envie de vous faire un article tellement (et attention, vulgarité alerte) c'était chiant. Plouf, aux oubliettes, la lettre oubliée (haha) ! Nous Les Menteurs de E. Lockhart a eu bien bonne presse sur la blogo ces derniers mois et contrairement à d'habitude, ça ne l'a pas fait du tout pour moi. Je me suis encore une fois ennuyée, les personnages m'ont été franchement antipathiques et j'ai capté le truc "Wahou" de la fin quasi à la moitié du bouquin, ce qui est décevant, vous en conviendrez (surtout que ça me semblait tellement évident que j'espérais me tromper du coup...). Trois lectures qui m'ont vraiment fichu le bourdon tellement j'y croyais !

    Le petit abandon du mois 

    L'une de mes premières rencontres avec Asimov qui se solde par un échec. Hélas, trois hélas... Pourtant, l'histoire n'est pas dépourvue d'intérêt, c'est bien écrit, assez clair, pas trop tarabiscoté comme souvent en SF, mais impossible pour moi de rester concentrée dans ce bouquin. J'ai tenu péniblement deux jours, à lire dix pages par dix pages et à le reposer toutes les cinq minutes et c'est la mort dans l'âme que j'ai fini par le donner à M. Pumpkins qui trépignait d'impatience de son côté du lit. Je ne comprends pas vraiment ce qui a coincé avec Fondation, trop de blabla, trop de personnages, trop d'ellipses, les intrigues politiques sont trop présentes (et pourtant, je me suis enfilée les cinq tomes du Trône de Fer sans broncher)(pas assez de têtes coupées peut-être ?) et je n'arrivais pas à voir où l'auteur voulait aller. Donc dommage ! Mais je garde l'idée en tête, je tenterai peut-être de nouveau l'expérience un de ces quatre, on ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut mieux se passer.


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    C'était très sympathique

    On ne va s'étendre de nouveau sur In The End, Hantée et Au Bonheur des Dames, vous pouvez retrouver les chroniques correspondantes en cliquant sur les titres ! Pour ce qui est de Jules Verne (vous aussi, vous pensez systématiquement à Doc de Retour Vers le Futur quand vous voyez ce nom ou c'est juste moi ?), je vous en reparle bientôt dans le prochain "Trois Livres" mais sachez juste que j'ai vraiment passé un bon moment et que je remercie Mango & Salt parce que, de moi-même, je ne me serai pas dirigée vers Jules en ce moment et c'était chouette ! Désordre, premier thriller de Penny Hancock (l'auteur de Deux), a un très très bon début puis ça se tasse et quelques longueurs et quelques moments WTF apparaissent, on retrouve finalement les éléments qui font la force de Deux mais en beaucoup moins bien ! J'espère que pour son prochain, elle arrivera à changer de thématique tout en restant à la hauteur, ce serait dommage... Te Laisser Partir de Clare MacKinstosh m'a été envoyé par Babelio et, si ce n'est pas le thriller de l'année, c'est une très bonne lecture, qui souffre peut-être d'un trop-plein de révélation et de retournement à la fin. Je vous détaille tout ça bientôt !


    *********

    C'était vachement bien !

    Amour encore pour Forget Tomorrow. Amour toujours pour Tib et Tatoum. Amour encore pour Dysfonctionnelle que vous retrouvez encore dans le prochain "Trois Livres" (gné)(ça fait le compte). La Petite Boulangerie du Bout du Monde fait tout à fait son taf, c'est de la chick-litt, le personnage est une jeune femme d'une trentaine d'années qui quitte tout suite à une grosse déception amoureuse ET professionnelle et qui se retrouve sur une toute petite île totalement paumée. Elle va y apprendre à se reconstruire. Alors oui, c'est un peu cliché, mais ce livre contient une bonne dose de surprise et d'originalité, certaines des situations ne sont pas du genre de celles que l'on retrouve ici habituellement. C'est tout mignon, c'est généreux (et "gourmand" et "croquant")(avé l'accent !)(Pardon mais Top Chef a recommencé...) et ça fait du bien ! Gros amour aussi pour la saga québécoise de Michel David, Un Bonheur Si Fragile, j'ai lu le premier tome en janvier et je viens, à l'heure où je vous parle (02/02/2016 19h14 au cas où vous voulez tout savoir), j'ai fini les deux suivants ! Et malheur, le quatrième sort dans 15 jours très exactement. L'attente va être longue je crois ! Je vous en reparlerai certainement lorsque j'aurai tout fini :)

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    C'est un coup de cœur !

    L'un des plus gros coups de cœur de ce début d'année, c'est cette série de bd que j'ai tardé à découvrir ce que, visiblement, je regrette bien maintenant ! C'est vraiment l'un des trucs les plus drôles qu'il m'a été donné de lire, les dessins sont tops, les personnages complètement loufoques mais délicieux au possible, on se marre, on est ému, on est révolté parfois, c'est vraiment un must-have si vous aimez la bd ! D'ailleurs, si vous pensez ne pas aimer ça, tentez le coup et vous m'en direz des nouvelles ! Ces Vieux Fourneaux méritent bien un article à eux tout seuls, je vais essayer de vous pondre ça un de ces quatre. Même si j'ai bien remarqué que ce ne sont pas les articles que vous préférez :p

    Et ceux-là, vous les connaissez déjà... Je remarque d'ailleurs un certain penchant pour la femme forte et indépendante dans ce petit trio. Du féminisme, de la bagarreuse, des histoires familiales de mère en fille... Faut croire que ça m’obsède en ce moment. Vous pouvez retrouver les chroniques correspondantes dans les liens qui suivent :

    BILAN
    20 livres + 1 abandon
    dont 5 Bds
    Je ne sais pas trop ce qu'il m'arrive en ce moment. Je ne peux plus
    dire que c'est parce que je n'ai pas Internet mais le fait que je sois
    en plein dans une période Young Adult + bd doit bien jouer quand même.

    Un bilan plutôt positif niveau lecture donc même si les trois déceptions du début m'ont tout de même fichu un sacré coup au moral. J'ai toujours l'impression d'être trahie lorsqu'un livre me déçoit à ce point, alors trois, je ne vous raconte pas l'angoisse (ok, j'en rajoute mais c'est pour les besoins du récit !). Par contre, je suis très en colère contre moi-même en ce qui concerne Asimov, je sens que lui et moi, on en a pas terminé.

    Côté Challenge
    1/35
    22/160
    7676 pages
    C'est un peu minable du côté du Challenge des 100 Livres, 1 lu sur 35 à lire, A Bonheur des Dames (sachant qu'Asimov en faisait partie). Et je ne sais toujours pas quelle sera ma prochaine lecture, j'hésite entre Nord Et Sud d'Elisabeth Gaskell ou Des Souris et Des Hommes de John Steinbeck... Si vous avez une préférence, n'hésitez pas !
    Selon Goodreads, je suis à 22 livres lus sur les 160 que j'aimerai atteindre (avec les deux autres tomes d'Un Bonheur Si Fragile), j'ai donc 8 livres d'avance, ce qui n'est pas si mal, je suis plutôt contente.
    Pour le challenge Livraddict En 2016, je compte mes pages, j'en suis à 7676 pages pour le mois de janvier. Et j'avoue que je ne me rends pas du tout compte de ce que ça représente. Par contre, Livraddict ne tient pas compte des bds et des albums jeunesse, j'en suis donc à 7090 mais je trouve cette contrainte totalement ridicule. Pour moi, la bd, les albums, les mangas, etc. sont des livres comme les autres qui méritent qu'on en tienne compte. Sinon, pourquoi ne pas retirer les Young Adult aussi qui ont souvent une police d'écriture plus large que la littérature dite "adulte". Donc pour moi, je compte l'ensemble et zut

    Côté Séries et Films
    Nous avons juste vu au ciné le fameux Star Wars qui a tant fait couler d'encre (virtuelle ou non) et qui a donné vie à de nombreuses déclarations enflammées et de critiques virulentes. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé, je ne pense pas être une grande fan à la base, j'aime bien (et même beaucoup) mais je ne vois ça que comme un chouette film à grand spectacle avec de belles batailles donc voilà... Mais je tente de convaincre M. Pumpkins de vous pondre (nous pondons souvent en famille, on aime bien) une chronique en duo, ça sent la scène de ménage, ça plaît bien dans les chaumières généralement :p


    Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil, j'ai commencé The 100 et je suis plutôt contente pour le moment, ça me rappelle Lost, dont j'étais fan même si je ne comprenais jamais rien... 





    *********

    Quoi de prévu pour Février ?
    J'aimerai bien continuer sur cette lancée mais ça entraîne quelque chose qui m'embête un peu : l'incapacité de chroniquer TOUT ce que je lis, souvent parce que certains m'ont plu sans que je sache vraiment quoi en dire mais surtout parce que ça fait trop et que, et c'est d'une logique implacable, si je chronique tout, je vais lire moins. Donc on tourne en rond. A la limite, je peux développer certains titres qui vous intéresseraient particulièrement si vous êtes plusieurs à me le demander mais sans ça, je vais continuer à faire seulement ceux que j'ai vraiment envie de chroniquer (soit parce qu'ils sont vraiment chouettes, soit parce que je suis obligée cf. Babelio, soit parce que c'est vraiment un scandale tellement c'est mauvais). A voir donc. 



    J'aimerai déjà lire ces trois-là sur la photo + un petit nouveau envoyé par Babelio : Des Petites Filles Modèles de Romain Slocombe (une réécriture de l'ouvrage de La Comtesse de Ségur qui promet !) et le premier tome de The 100 pour voir ce que ça vaut à côté de la série. La suite, ce sera au feeling !





    Ciao tout le monde !

    lundi 1 février 2016

    "Phobos" Tome 2 de Victor Dixen

    Robert Laffont - novembre 2015
    9782221146644

    J'espère que vous apprécierez les risques que je prends pour vous : je me suis piquée 3 fois sur le cactus (qui s'appelle Némésis d'ailleurs) en prenant cette photo... Ça a bien fait rire Krokmou.
    Vous vous souvenez certainement de mon avis dithyrambique pour le premier tome de la série de Victor Dixen (ou si vous êtes un poisson rouge comme moi, vous pouvez la retrouver ici), il est maintenant temps de vous dire ce que j'ai pensé du deuxième épisode, chronique qui sera un peu plus nuancée, je le crains.


    Méfiance : pour ceux qui ont pour projet de lire Phobos 1, il y a un gros risque de spoiler !


    Les douze participants de Genesis viennent d'apprendre la terrible vérité derrière le show et c'est passablement secoué qu'ils décident tout de même d'atterrir sur Mars. Le programme reprend alors l'antenne et la descente s'amorce. Il est alors l'heure pour Léonor de rencontrer vraiment, sans vitre entre eux, l'élu de son cœur, mais aussi d'essayer de sauver tout ce petit monde.

    Phobos 2 continue sur la même lancée que le premier opus, nous suivons toujours d'un côté ceux qui sont dans l'espace et de l'autre, les terriens, avec Serena et Andrew. Les machinations de la productrice prennent une ampleur nationale sur Terre, j'ai souvent eu l'impression que l'auteur allait nous faire basculer d'un instant à l'autre dans la dystopie et mon amour pour cette méchante digne d'une vilaine sorcière de Disney (bonjour le manichéisme par contre, mais c'est ici plutôt bien fichu) s'est encore plus développé (j'adore les vrais gros méchants bien manipulateurs). Je me suis par contre beaucoup moins passionnée pour les candidats à l'émission que j'ai trouvés cette fois très stéréotypés et qui m'ont parfois pas mal agacée. Alexeï et Kirsten, par exemple, représentent le couple parfait par excellence, les "Aryens", blonds et beaux, mais cumulent certains défauts bizarres comme la jalousie d'Alexeï et la façon de s'écraser de Kirsten qui sont à vomir, je n'ai pas trop compris où voulait en venir l'auteur. L'histoire d'amour de Léonor avec Marcus m'a parfois semblé très artificielle et grandiloquente mais passe encore, ce n'était pas vraiment ce qui m'avait intéressé dans ce roman à l'origine. Voilà pour les points négatifs.

    MAIS je l'ai tout de même dévoré en quelques heures, c'est toujours assez bien écrit même si j'aurais apprécié quelques changements de style pour les différentes voix (les personnages ont tous exactement la même façon de s'exprimer et ça devient très étrange à certains moments) et très prenant. Les rebondissements sont constants, le rythme est infernal et les pages se tournent toutes seules. Des petits éléments annonçant un final hallucinant sont posés tout au long du récit et finissent par angoisser sérieusement le lecteur et les personnages. C'est d'ailleurs le côté huis clos qui est le plus intéressant dans ce tome 2 avec les douze candidats enfermés, loin de tout sur cette planète qui a l'air de vouloir leur peau (même si c'est pas la seule !). Et si j'adore les différents points de vue, je pense que l'ouvrage aurait gagné en suspense s'il s'était concentré sur Mars uniquement ! Et que dire du final ! Si ce deuxième tome n'est pas un coup de cœur comme le premier l'a été pour moi, je vais tout de même me jeter sur la suite dès sa sortie ! On peut dire que Victor Dixen sait ménager ses effets, mais pas ses lecteurs, le coquin !
    3.5/5
    Promis, je ne refais
    pas la blague sur "Un Mars
    et ça repart"...



    Un tome un peu en deçà du premier, mais sans aucun doute une série que je vais suivre jusqu'au bout, en espérant que le troisième tome clôt d'une belle et logique façon les aventures de Léonor et de ses amis !